Dialogue inter-nigérien : Des échos sur les offres de sortie de crise

Le dialogue inter-nigérien suspendu le vendredi dernier pour raison de fête de fin d’année, prévu pour reprendre ce mardi 29 décembre 2009 sous la houlette du Médiateur désigné de la CEDEAO, le Général à la retraite Abdul Salami Abubakar, a été reporté. Le Médiateur a souhaité participer aux cérémonies funèbres de l’épouse de l’ancien Président nigérian Ibrahim Baban Guida, décédée aux Etats-Unis à la suite d’un cancer. Les différentes parties prenantes à la crise politique nigérienne devaient mettre à profit cette période de ‘’trêve’’ pour transmettre au Médiateur des propositions concrètes pour avancer dans les travaux qui se sont embourbés sur l’ordre du jour. Les Etats-majors du MPRR comme de la CFDR ont multiplié les réunions au cours de cette période creuse pour harmoniser leurs positions et transmettre quelques propositions au Médiateur qui serviront de base aux négociations qui reprendront le 07 janvier 2010.

Le 08 janvier 2010, se tiendra en principe le prochain sommet des Chefs d’Etat et de gouvernements de la CEDEAO au cours duquel les dossiers du Niger et de la Guinée devraient être réexaminés par rapport aux médiations entreprises par l’organisation communautaire. Mais pour le cas du Niger, difficile de parler d’une évolution d’autant que les négociations proprement dites vont être lancées le 07 janvier 2010.

Pour l’instant, on est à la case départ. Les différents protagonistes ont profité de la trêve du médiateur pour élaborer quelques propositions qui commencent déjà à circuler discrètement dans la capitale dans certains milieux politiques.

Le MPRR pour une ouverture du gouvernement et des institutions Républicaines en fin de mandat

Le Mouvement Populaire pour la Refondation de la République (MPRR) piloté par Seïni Oumarou s’agrippe encore à la 6ème République et exclut toute hypothèse de faire marche arrière. ‘’Le débat est clos’’, entend-on régulièrement dans les rangs du camp de la refondation. Les présidentielles, on n’en parle plus depuis que le président Tandja a arraché un bonus de trois ans dans la constitution du 18 août 2009 qui consacre la 6ème République suite à référendum, jugé illégal, tenu le 04 octobre 2009. Les législatives sont aussi consommées et les locales tenues le 27 décembre relèvent désormais du passé, pour le MPRR. Seule concession au niveau du Front de la refondation du Président Mamadou Tandja ‘’une ouverture pour l’opposition’’. ‘’Il n’y a que le travail à faire maintenant’’ a indiqué le président Tandja le 27 décembre dernier après avoir jeté son bulletin dans l’urne pour les locales. C’est tout dire ! La page de la mise en place des institutions est fermée semblait indiquer Mamadou Tandja, inflexible sur sa position et la pression de l’opposition et de la communauté internationale qui estime qu’il doit rendre le tablier après la fin de ‘’son mandat légal’’.

Le MPRR s’inscrit également dans cette logique si on s’en tient aux propositions qui circulent dans son milieu. Le front de la refondation aurait comme seule proposition, la mise en place d’un gouvernement d’union nationale, l’ouverture du Conseil Economique Social et culturel (CESOC) et du Haut Conseil aux Collectivités Territoriales (HCCT) ainsi que de la deuxième chambre du parlement à savoir le Sénat, à l’opposition.

En effet, le CESOC est encore une fois de plus au terme de son mandat prolongé. Le HCCT autant. Ces Institutions seront au terme de leurs mandats prolongés le 31 décembre 2009. Une session extraordinaire de l’Assemblée Nationale a été déjà convoquée le mardi 29 décembre pour ‘’combler le vide’’, dit-on. Il s’agit de maintenir les bureaux de ces institutions jusqu’à la mise en place des conseils municipaux.

Dans certains milieux du pouvoir, on envisage même d’aller un peu plus vite en formant un gouvernement renfermant des personnalités de l’opposition, sans doute en vue de créer une division dans les rangs de la CFDR. Pour l’instant, on est encore au stade des souhaits. Ni plus !

La CFDR favorable à une transition

La Coordination des Forces pour la Démocratie et la République, pour sa part maintient le retour à la 5ème République et à ses institutions. Seule évolution, elle serait prête à accepter une transition pour aller au retour à l’ordre constitutionnel normal. Même si cette transition gardera le Président Tandja comme Chef de l’Etat, soutient-on dans le milieu, un Premier ministre concentrant l’essentiel des pouvoirs sera désigné pour conduire celle-ci et organiser des élections libres transparentes et démocratiques. Certainement que la durée de la transition si on en croit certains commentaires qui fusent dans les milieux de la CFDR ne couvrira pas la période de trois ans de bonus que s’est offerte le Président Mamadou Tandja. Il se susurre que la CFDR voudrait aussi de la mise en place d’un organe législatif qui sera en même temps un organe constituant chargé d’élaborer une nouvelle constitution qui sera soumise à référendum et légiférera au cours de la période transitoire.

Si ces fuites de propositions s’avèrent, le Médiateur aura du pain sur la planche. Pour l’instant, on ne perçoit aucun point de convergence entre les deux parties. Et les choses s’annoncent difficiles, à moins d’un retournement spectaculaire de situation dans l’un ou l’autre camp.

Laoual Sallaou Ismaël

Conférence du président Tandja à Diffa : Les vérités de Mamadou Tandja

En marge des festivités marquant le 51ème anniversaire de la République du Niger tenues à Diffa, le Président Mamadou Tandja s’est entretenu avec les populations de la localité et les délégations venues de l’intérieur à travers une conférence dite de cadres. Comme à Imouraren au cours de la cérémonie de la pose de la première pierre du complexe industriel minier ou à l’occasion de la pose de la première du port sec de Dosso, le Chef de l’Etat s’est adressée directement aux populations en langue haoussa sur des ‘’sujets d’intérêt national’’.

Il parlera pêle-mêle de la crise politique actuelle que traverse notre pays, de l’embelli économique qui se dessine au Niger et de bien d’autres sujets. Les propos tenus par le Chef de l’Etat ont même été passés à la télévision nationale non sans déranger, semble-t-il, certains responsables de l’Etat qui redoutent un mauvais regard de la communauté internationale par rapport au passage de cette ‘’bourde’’ sur une chaîne satellitaire suivie partout dans le monde.

Le langage du Chef de l’Etat nigérien, il est vrai était cru et venait du fond du cœur d’un Homme blessé dans son orgeuil d’avoir été mal compris et mis à mal par certains de ses compatriotes et la communauté internationale. Il n’a ni ménagé les organisations sous-régionales comme la CEDEAO, ni la communauté internationale qui affiche une rigidité par rapport à ce que, lui, considère comme étant ‘’le choix souverain du Peuple nigérien’’. Le langage du président Tandja n’avait rien à envier aux ultranationalistes qui défient le monde comme le président Iranien Mahmoud Ahmadinejad ou le président vénézuelien Hugo Chavez.

Par rapport à la situation politique actuelle, le Chef de l’Etat rassurera les populations en parlant de simples spéculations basées des ‘’mensonges et des diffamations’’ que distillent ‘’ceux qui ont choisi de se plaindre à l’extérieur de Mahamadou’’. Je vais vous relever quelques équivoques, a-t-il introduit devant les délégués de toutes les régions : ‘’Tout ce dont vous entendez parler par rapport à la situation politique actuelle n’est que pur mensonge, ce sont des ragots’’. ‘’Par rapport à la violation de la constitution dont on m’accuse et sur laquelle on a fait beaucoup de publicité, j’ai invité mes détracteurs à me montrer là où elle a été bafouée ou piétinée’’. Estimant que tout s’est passé dans les règles de l’art Mamadou Tandja va renvoyer l’avènement de tout ce processus au choix souverain du peuple. ‘’A mon âge, qu’est ce que je cherche d’autre, sinon qu’on dise que c’est sous mon règne que l’exploitation du pétrole a été lancé au Niger’’, va s’exclamer Mamadou Tandja.

Le Président Tandja va aussi s’insurger contre le comportement de l’Organisation communautaire, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dont il a présidé aux destinées durant deux mandats successifs. ‘’Après 30 ans de vie commune dans l’organisation communautaire, nous n’avons pas bénéficié même d’un (1) km de route, ni d’un (1) km de ligne électrique’’, va-t-il déplorer.

Il s’interrogera sur l’utilité de l’organisation communautaire avant de déclarer avec agacement, certainement par rapport à ce qu’il considère comme une ingérence ou un soutien aux opposants, ‘’Nous nous sommes librement et souverainement inscrits dans cette organisation et si on n’a marre, nous sommes libres de nous retirer’’. ‘’Nous avons 2 cordes à notre arc, si l’une se casse, nous ferons recours à l’autre’’, va-t-il rassurer. ‘’Les opposants peuvent continuer à parcourir le monde et à raconter ce qu’ils veulent’’, conclura Mamadou Tandja par rapport à ce chapitre.

Le message du Chef de l’Etat va aussi porter sur les richesses minières de notre pays, notamment l’Uranium et le pétrole.

Par rapport à la question de l’uranium, Tandja va parler de la revalorisation de ce minerai. ‘’C’est terminé, a-t-il souligné, maintenant c’est du gagnant – gagnant, ta part, ma part. vous ne vous soumettez pas à ce protocole, nous ferons appel à un autre partenaire’’. Pour lui, sa seule faute, c’est d’avoir osé toucher à ces questions stratégiques des intérêts miniers du Niger. ‘’Le Niger, c’est mon pays. Nous sommes un Etat souverain. Parce que tout simplement nous avons adhéré à des organisations africaines d’intégration commune, on veut nous imposer des choses’’, s’indignera le Chef de l’Etat.

Il invitera les populations de Diffa à être les gardiennes de ces richesses pétrolières : ‘’Population de Diffa, nous vous confions la garde de nos richesses minières du Nord-Est. Vos yeux, vos oreilles et votre attention doivent être braqués sur ces richesses. Aujourd’hui, nous travaillons avec les chinois et vous pouvez les identifier facilement. Toute présence autre que celle des chinois doit nous être signalée rapidement. Soyez vigilants, toute présence suspecte sur nos sites pétroliers doit être notifiée dans les meilleurs délais’’, va-t-il recommander.

Laoual Sallaou Ismaël

Exécutif nigérien : Malaise au sein du gouvernement

Premier Ministre Ali Badjo Gamatié

La semaine dernière la délégation gouvernementale au dialogue inter nigérien s’est donnée en spectacle aux yeux du monde. Il a suffi d’un communiqué anodin de la commission de la CEDEAO, disant que l’institution a pris acte de la fin du mandat légal du Président Tandja Mamadou à la date du 22 décembre 2009, conformément à la constitution du 9 août 1999, pour que la chienlit s’installe dans le camp du pouvoir. L’équipe gouvernementale se mettra ainsi brutalement en mouvement en guise de protestation, jugeant déloyal le communiqué de la CEDEAO, qui n’était pas pour faciliter la tâche au niveau des négociations engagées avec l’opposition sous l’arbitrage du général ABDUSALAMI qui lui-même a été commis par la CEDEAO, selon le chef de la délégation M. Seïni Oumarou.

Mais auparavant, l’ancien ministre de la communication M. Ben Omar Mohamed, acteur de première heure du mouvement de la refondation est déjà monté au créneau sous un ton somme toute virulent pour annoncer en tant que membre de l’équipe du pouvoir leur retrait du dialogue, tant que la CEDEAO ne reconsidère pas sa position. Dans la même lancée, le ministre de la justice garde des sceaux, M. Garba Lampo, lui, annonçait la réactivation des mandats d’arrêt internationaux lancés contre les trois principaux leaders de l’opposition, bien que la suspension de ces dossiers judiciaires ait été négociée au niveau des préalables des négociations avec le médiateur. Au niveau du palais des congrès où le Général Abdul salami a établi son quartier général pour le dialogue, la tension monta d’un cran et le camp du pouvoir n’arrivait pas à s’entendre sur une position commune, certains d’entre eux prêchant la méthode forte et la croisade contre les institutions internationales et d’autres plus modérés appelant à la sérénité et à la poursuite des négociations. Finalement la raison l’emporta sur la fougue. Tard dans la soirée, le gouvernement finira par adopter une position plus amène et plus raisonnable qui sera livrée par le ministre de la communication, porte parole du gouvernement, Moctar Kassoum. Il dira par la même occasion que le gouvernement reste dans les négociations. Ce qui a été dit ailleurs n’engage pas l’Etat. On apprendra par la suite que le 1er ministre a écrit à Seïni Oumarou qui conduit la délégation du pouvoir pour lui signifier que les mandats d’arrêt contre les trois personnalités demeurent suspendus. Aussi M. Garba Lampo se verra suspendu de l’équipe des négociations par le président Tandja pour sa bourde et pour semble-t-il lui éviter l’amalgame d’être à la fois juge et partie en tant que ministre de la justice garde des sceaux. Tout en se pliant à l’injonction de ses patrons, M. Lampo continue à soutenir que «force doit rester à la loi» et en tant que ministre de la justice, il a le devoir de veiller pour qu’il en soit ainsi.

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Retour de la paix dans la zone nord du Niger: l’ancien Ministre Rhissa Boula revient au bercail

Photo DR

Après un peu près de deux ans d’errance entre certaines capitales occidentales, la Libye et le désert du Ténéré, l’ancien Ministre du Tourisme est de retour au pays. M. Rhissa Ag Boula est rentré, le samedi 26 décembre dernier, du côté de sa région natale d’Agadez, plus précisément à la cité minière d’Arlit où il a été accueilli en héros par les responsables de la région d’Agadez en présence de plusieurs gradés de l’armée, dont le Général de brigade Maïmanga Oumara, Chef d’Etat-major particulier du Président de la République. Chef du dernier mouvement rebelle à n’avoir pas rejoint le processus de paix entamé il y a plusieurs mois, Rhissa Ag Boula a finalement décidé de déposer les armes pour « un retour définitif » de la paix dans le Nord du Niger. Ce faisant, lui et ses combattants du Front des forces pour le redressement (FRR) doivent automatiquement bénéficier de l’amnistie dont jouissent déjà les responsables et combattants des autres mouvements armés. Cependant, le cas de Rhissa Boula est un cas atypique. Poursuivi dans le cadre d’une affaire de meurtre de l’ancien président de la sous-section du MNSD-NASSARA de Tchirozérine, feu Adam Amangué, M. Rhissa Ag Boula avait été condamné à mort, pendant qu’il était absent du pays. Un mandat d’arrêt international a même été décerné contre lui à cet effet. La question que bon nombre d’observateurs se posent est de savoir ce que deviendra cette condamnation maintenant que l’ancien Ministre et Chef rebelle a décidé de rentrer au bercail. Ce qui est sûr c’est que Rhissa Ag Boula s’est entouré de toutes les garanties avant de fouler le sol nigérien. On rappelle que par rapport à la même affaire du meurtre d’Adam Amangué, le même Rhissa Boula avait séjourné, pendant plus d’un an, à la prison civile de Say. Des proches à lui ont pris les armes et ont exigé sa libération. Ce que le pouvoir avait finalement accepté, après quelques tergiversations. Chef historique de la rébellion touarègue, Rhissa Ag Boula s’est constitué un vaste réseau d’amitiés, aussi bien en Afrique que dans de nombreuses capitales occidentales. Ici en Afrique, son plus grand soutien est sans doute le Guide de la Jamahiriya arabe libyenne, Mouammar Kadhafi accusé par ses détracteurs d’être derrière la plupart des rébellions armées qui naissent sur le continent. Soupçonné de vouloir être toujours dans les rouages du pouvoir, l’ancien Ministre Rhissa Ag Boula va-t-il rattraper le train de la refondation ? S’il le désire, ce ne sont pas quand même les arguments qui vont lui manquer. Son parti, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS-AMANA) fait actuellement partie de la mouvance présidentielle et détient même un portefeuille ministériel dans le gouvernement du Président Tandja Mamadou.

M.D

Déclaration de la CFDR du 26 Décembre 2009

Bazoum vice-président PNDS

Le dimanche 27 décembre 2009, c’est-à-dire demain, avec la tenue des élections municipales, une étape supplémentaire va être franchie par le pouvoir illégitime et illégal de Tandja Mamadou dans sa course frénétique pour la mise en place des institutions fantoches qui doivent régir le cadre de sa 6e République née de son coup d’Etat constitutionnel. Ces élections, comme toutes celles qui les ont précédées à savoir le référendum du 04 août 2009 et les élections législatives du 20 octobre 2009 viennent corroborer le mépris et l’indifférence de Tandja Mamadou à l’endroit de l’écrasante majorité du peuple nigérien ; ce peuple qui a massivement boycotté ces consultations et dont les multiples appels et injections n’ont permis d’arrêter la logique suicidaire à laquelle il expose notre pays. De même la Communauté internationale qui demandait, le report sine die des élections municipales comme gage de bonne volonté au dialogue, découvre une fois encore la mauvaise foi et la duplicité qui caractérisent la démarche de Tandja Mamadou et de son gouvernement. Cet entêtement du régime à vouloir organiser de façon unilatérale ces consultations, traduit assurément un degré inégalé d’irresponsabilité du pouvoir illégitime et illégale en place. Aussi la CFDR réitère-t-elle son appel du 30 septembre 2009 à tous ses responsables régionaux, départementaux et locaux afin de :

1. s’investir dans la sensibilisation de ses militants pour s’abstenir de toute participation et de tout soutien aux élections municipales du 27 décembre 2009 ;

2. s’abstenir de tomber dans la tentation facile et naïve de soutenir des listes indépendantes.

Au demeurant tous ceux qui s’y sont aventurés lors des élections législatives n’ont récolté que désillusion et regret pour avoir contribué à mettre en place un parlement illégitime et illégal, rejeté par l’ensemble des institutions parlementaires internationales. La CFDR demande au peuple Nigérien, à l’instar du référendum anticonstitutionnel du 04 août 2009, de boycotter massivement ces élections locales prévue pour demain 27 décembre 2009, auxquelles même les candidats n’affichent aucun intérêt convaincus qu’ils sont de l’illégitimité et de l’illégalité de tout le système tazartché. Ce boycott est le signal fort que chaque citoyenne et chaque citoyen doit envoyer à Tandja Mamadou pour lui signifier de manière ferme et irrévocable que son coup d’Etat constitutionnel ne passera pas ; et lui rappeler par la même occasion qu’il n’est plus Président de la République du Niger depuis le 22 décembre 2009 conformément aux dispositions de la Constitution du 09 août 1999. Enfin la CFDR lance un appel à tous ses militantes et militants à tous les démocrates sincères pour se tenir prêts à répondre massivement aux mots d’ordre à venir.

Vive la CFDR

Vive la Démocratie

Vive le Niger

Fait à Niamey, le 26 décembre 2009.

Négociations entre pouvoir et opposition sur la crise politique Ça passe ou ça casse !

Ouvertes le lundi 21 décembre dernier, puis suspendues deux trois jours après par le médiateur « pour raison des fêtes de fin d’année », les négociations pour une sortie de la crise politique nigérienne vont, en principe, reprendre ce mardi 29 décembre. Si elles se retrouvent cette fois-ci, la partie gouvernementale et l’opposition vont entrer dans le vif du sujet, c’est-à-dire discuter sur les propositions de sortie de la crise. Il n’y aura donc pas dix mille cas de figure : c’est ou ça passe ou ça casse.

En effet, jusqu’à la suspension de ces négociations, le jeudi 24 décembre dernier, les représentants du pouvoir et ceux de l’opposition n’ont fait montre d’aucune volonté à aller vers un compromis. Pendant que les premiers martèlent que le processus de la mise en place des institutions de la 6ème République est irréversible, les seconds, eux, clament leur fidélité à la Constitution de la 5ème République, au terme de laquelle le Président Tandja Mamadou devrait avoir quitté le palais présidentiel depuis le 22 décembre dernier.

Avec l’organisation, hier dimanche 27 décembre, des élections municipales, on s’aperçoit que le pouvoir est vraiment décidé à aller dans sa logique d’installer toutes les institutions prévues par la Constitution de la 6ème République.

Même si personne ne peut encore présager de ce qui sortira des négociations menées sous l’égide la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), les chaudes empoignades qui ont marqué leur ouverture renseignent assez sur l’état d’esprit qui caractérise les différents protagonistes de la crise.

Dans une déclaration qu’elle a publiée, le samedi 26 décembre, l’opposition a aussi réitéré son refus de reconnaître la légitimité du Président Tandja, ainsi que toutes les élections organisées sur la base de la Constitution de la 6ème République. Ce sont certainement ces mêmes positions – diamétralement opposées – que les deux camps adverses vont tenter de défendre tout au long des négociations. Au risque d’obliger le médiateur Abdulsalami Abubakar à retourner bredouille à Abuja et rendre compte aux dirigeants de la CEDEAO qui l’ont mandaté !

Ils sont en tout cas nombreux les analystes qui disent ne rien attendre de concret des pourparlers engagés autour de la crise politique que vit le Niger, depuis que le Président Tandja a entrepris de se maintenir au pouvoir à travers un référendum vivement contesté par les principaux partis politiques, l’ensemble des centrales syndicales du pays et plusieurs organisations de la société civile. Le pessimisme affiché par les uns et les autres, quant à un aboutissement heureux de la crise politique en cours, se trouve conforté par certaines réactions du Président Tandja lui-même. Il y a quelques jours, en marge de la célébration de la fête tournante du 18 décembre à Diffa (sa région natale), il avait ouvert le feu sur la CEDEAO et la Communauté internationale qui demandent avec insistance le retour à l’ordre constitutionnel au Niger. A moins donc d’un revirement de dernière minute, on peut estimer que les refondateurs de la République, avec le Président Tandja en tête, ne sont pas prêts à sacrifier la moindre institution de la 6ème République pour créer les conditions d’une ouverture vers les autres forces politiques et sociales qui, elles, ne jurent que par la 5ème République. Que Dieu sauve le Niger !

Kané Illa

Seini Oumarou, chef de la délégation du pouvoir

Abdusalami médiateur de la CEDEAO pour le Niger

Amadou Boubacar Cissé, chef de la délégation de l'opposition

Négociations sur la crise politique Le Ministre de la Justice, Garba Lompo exclu de la délégation du Gouvernement

Ministre de la Justice Garba Lompo

Le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Garba Lompo serait exclu de la délégation du Gouvernement au dialogue inter- nigérien qui se tient actuellement au Palais des Congrès de Niamey. Cette décision, si elle se confirme intervient 24 heures après des propos qu’il aurait tenus devant les journalistes, à savoir que la levée des mandats d’arrêt international contre Hama Amadou et Mahamadou Issoufou ne tient plus. Apparemment, cette déclaration serait faite sous un coup de colère du Ministre de la Justice et elle n’engagerait pas le Gouvernement. Selon certaines sources, le Premier Ministre aurait écrit au chef de la délégation du MPRR, Seini Oumarou demandant l’exclusion de Garba Lompo dans la délégation du Gouvernement. C’est la deuxième fois que le Ministre de la Justice rate sa sortie. La première erreur, c’est la délivrance d’un mandat d’arrêt international contre Mahamadou Issoufou. Cette affaire, on le sait, a fait beaucoup fait reculer la côte de popularité du régime au profit de celle de Mahamadou Issoufou. Il y a nécessité d’un remaniement du gouvernement.