Les hommes de l’année 2009


Au nombre des personnalités nigériennes qui ont marqué l’année 2009, le Président de la République Mamadou Tandja vient incontestablement en première position. Derrière lui, on peut aligner dans l’ordre, le Gouverneur de la Région de Zinder Yahaya Yandaka, l’ancien Premier Ministre Hama Amadou, l’ancien Président de l’Assemblée Nationale Mahamane Ousmane et le Chef de file de l’Opposition Mahamadou Issoufou, alias Zaki. Nous allons, pour chacune des personnalités citées, donner les motivations pour lesquelles votre journal « L’UNION » les a ainsi distinguées.

Le Président de la République, Tandja Mamadou

Il y a quelques mois de cela, personne ne pouvait imaginer le Président de la République Mamadou Tandja aux commandes du Niger après le 22 décembre, date d’expiration de son deuxième et dernier mandat conformément à la constitution du 9 août 1999. Aujourd’hui, voilà le Niger dans un scénario inédit : la prolongation constitutionnelle du mandat du Président de la République pour trois (3) ans, c’est-à-dire jusqu’en 2012. Si l’on s’en tient à la définition de la politique donnée par ce penseur pour qui : « la politique est un lieu où tout est permis sauf le fait de se laisser surprendre », on conclura que les leaders politiques potentiels candidats à la succession de Mamadou Tandja se sont révélés des piètres politiciens. En tout cas, le Président de la République, colonel à la retraite, semble avoir beaucoup appris dans l’armée, autre que le maniement des armes. Il vient de prouver à la face du monde l’hypothèse selon laquelle l’ancien Président du Niger, feu Seyni Kountché s’est toujours entouré dans la gestion des affaires de la nation des bonnes compétences nigériennes. Encore une fois de plus, Tandja vient de confirmer l’adage selon lequel : « l’expérience fait la différence ». Cette expérience avait commencé sous le régime d’exception du Conseil Militaire Suprême (CMS) sous feu Seyni Kountché. Mamadou Tandja, on se souvient, avait marqué d’une empreinte indélébile son passage comme Préfet de Tahoua pour ses qualités d’homme de terrain, avec pour seul mot dans la bouche et dans les actes : « le travail » bien fait. C’est leitmotiv ne l’a jamais quitté, d’où les innombrables réalisations du Programme Spécial dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’hydraulique, de l’atténuation des souffrances des femmes, de la diversification des partenaires nigériens, l’exploitation des ressources minières sous la formule « gagnant- gagnant », de la construction d’infrastructures routières pour désenclaver le pays. Ce sont toutes ces actions de grande envergure cumulées aux différentes déceptions du passé qui ont amené le peuple nigérien à demander la poursuite des actions et le parachèvement des grands chantiers (Barrage de Kandadji, Raffinerie de pétrole de Zinder, Port Sec de Dosso, Gisement d’uranium d’Imouraren…). Il y a eu pour ce faire, le référendum constitutionnel du 4 août 2009 consacrant l’avènement de la 6ème République, les législatives du 20 octobre 2009 avec des records de participation jamais égalée malgré les appels au boycott de l’opposition. Mais le plus grand succès est que tous ces événements se sont déroulés dans le calme et la quiétude. Comme quoi, 2009 est vraiment l’année de Mamadou Tandja.

Yahaya Yandaka, Gouverneur de la Région de Zinder

Yahaya Yandaka, Gouverneur Zinder

Pour ce chevronné serviteur de sa patrie, les couleurs avaient déjà été annoncées pour le Gouverneur de la Région de Zinder, Yahaya Yandaka en octobre 2008 avec la pose de la première pierre de la raffinerie de pétrole de Zinder, une cérémonie réussie d’une main de maître. C’est aussi de la capitale du Damagaram qu’est parti l’appel du peuple pour la poursuite des actions du Président de la République Mamadou Tandja. Contrairement à ce que pensent certains de nos compatriotes qui considèrent que le phénomène « tazartche » est une affaire montée de toutes pièces à Zinder, les raisons de cet éveil de conscience collectif sont à chercher ailleurs, par exemple, dans les réalisations du projet intitulé PADAZ. Jamais de mémoire de Zindérois, projet n’a suscité autant d’engouement dans la région. Il y a là un mérite pour les animateurs dudit projet, pour la Banque Africaine de Développement (BAD) qui est son initiateur, mais le plus grand mérite revient au premier responsable de la région de Zinder. Sur le plan de la sécurité, Yahaya Yandaka aura réussi à rééditer son exploit d’Agadez (où il fut Gouverneur), celui de la coordination des opérations de récupération des armes illicites dans les départements de Gouré où il avait été grièvement blessé par les éclats d’une grenade qui avait incidemment explosé et de Tanout. Il a également facilité le retour et la réintégration sociale de plusieurs dizaines de ressortissants du département de Tanout impliqués dans les actes de banditisme. C’est au regard de tous ses efforts que le Président de la République Mamadou Tandja a élevé Yahaya Yandaka à la dignité de Grand Officier de l’Ordre du Mérite du Niger, lors de la commémoration du 51ème anniversaire de la proclamation de l’indépendance du Niger,. Quel administrateur peut se targuer d’avoir bouclé aussi bien son année ?

L’ancien Premier Ministre Hama Amadou

Il aura marqué l’année 2009. Incarcéré à la Prison de Haute Sécurité de Koutoukalé relativement à l’affaire dite « fonds d’aide à la presse 2001 » en fin 2008, l’ancien Premier Ministre Hama Amadou « compagnon politique » du Président de la République va y passer une bonne partie de 2009 avant d’être mis en liberté provisoire pour aller se faire soigner.

Ancien Premier Ministre Hama Amadou

Cette incarcération a fait couler beaucoup d’encre et de salive en 2009, mieux que n’importe quel événement. Elle a également fait l’objet de tant de commentaires. Il y a eu ce que ses partisans ont qualifié d’enlèvement de l’Hôpital National de Niamey où il subissait des soins pour le reconduire à sa prison de pierres, la tentative de son évacuation au Maroc qui a été suspectée par ses partisans. Sans compter qu’en janvier 2009, le Mouvement National pour la Société de Développement (MNSD Nassara), parti qu’il dirigeait lui a tout simplement été arraché à l’issue d’un congrès controversé à Zinder. Il y a là de quoi effrayer l’homme le plus audacieux de la terre. Avec une liberté provisoire sous la main, Hama Amadou part donc se soigner en France pour ne pointer son nez qu’à l’occasion des funérailles du Père Fondateur de l’Alliance Nigérienne pour la Démocratie et le Progrès (ANDP Zaman Lahiya) Moumouni Djermakoye Adamou en Juillet dernier. Mais quelques jours plus tard, il s’envole, c’est pour ne plus revenir ou disons pour entrer en exil. Car il y aura en fin juillet un mandat d’arrêt international qui sera délivré contre sa personne pour blanchiment d’une importante somme d’argent et détournement de deniers publics. Le parti créé par ses partisans lors de son bref séjour à Niamey en juillet va devenir orphelin. On aura entendu ses traces dans plusieurs capitales ouest africaines. Puis enfin on l’entend dans une conférence de presse à Abuja à l’occasion du début des pourparlers dans la crise nigérienne. Et c’est pour l’entendre dire qu’il craint pour sa vie et qu’il est audacieux mais qu’il n’est pas téméraire. Apparemment, même dans le cas où son mandat d’arrêt international venait à être levé, Hama ne rentrera pas au bercail de sitôt.

Le Chef de file de l’opposition, Mahamadou Issoufou, Président du PNDS-Tarayya

Président PNDS Issoufou Mahamadou

Celui-là, contrairement à ses deux collègues de la Coordination des Forces pour la Démocratie et la République (CFDR), à savoir Hama Amadou et Mahamane Ousmane va marquer l’année 2009 par sa bravoure. Il était à Abuja lorsqu’il apprit qu’un mandat d’arrêt international venait d’être rédigé à son encontre. Dès le lendemain, il prend l’avion et rentre au pays. Et il est triomphalement accueilli par des milliers et des milliers des partisans de l’opposition, un accueil inégalé dans l’histoire politique nigérienne. Puis, il s’était présenté à la justice pour répondre du chef d’accusation de blanchiment d’argent, mais c’est pour s’entendre répondre que pour le moment, la justice n’a pas besoin de lui. Cette témérité qui a manqué à Hama Amadou va élever la côte de popularité de Mahamadou Issoufou et mettre à mal le pouvoir. Le président du Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme (PNDS) Mahamadou Issoufou confirme ainsi son sobriquet (‘’Zaki’’= Lion). Comme il a osé, il peut partir de son pays et revenir à n’importe quel moment en toute tranquillité. Toutefois, Issoufou s’est révélé au cours de l’année 2009 comme un politicien immature car il s’est fait surprendre par l’avènement de la 6ème République, lui, l’opposant, qui en 2008 avait fait une bonne campagne pour le Programme Spécial du Président de la République Mamadou Tandja. En cette fin d’année 2009, Dieu seul sait combien de fois, il s’est mordu le doigt.

L’ancien Président de l’Assemblée Nationale Mahamane Ousmane

Celui-là aussi a connu des fortunes diverses en 2009 qui font de lui un des hommes de l’année. Il était à Abuja aux commandes de la réunion du parlement de la CEDEAO dont il est le président lorsque l’annonce lui avait été faite de la dissolution du parlement nigérien qu’il dirigeait jusque là. Nous étions en fin juillet dernier.

Ancien Président de l'Assemblée Mahamane Ousmane

La couleuvre sera dure à avaler et le retour au bercail très difficile. Très attendu par ses partisans et par le pouvoir et l’opposition, Mahamane Ousmane rentre au pays où il est triomphalement accueilli par ses partisans et une bonne partie des personnalités de l’opposition. Alors qu’on l’attendait dès ce jour prendre position pour ou contre la prolongation du mandat du Président de la République Mamadou Tandja, Mahamane Ousmane va gratifier le public d’une chanson intitulée « Kunanan ! ». C’est la déception dans le rang des adversaires de la continuité du mandat de Tandja qui voyait un allié leur échapper. A la surprise générale, Mahamane Ousmane finit par rallier l’opposition et retirer ses ministres du gouvernement. Puis après il s’envole pour Abuja, la terre promise, pour s’en aller téter la mamelle intarissable du parlement de la CEDEAO. Pour de nombreux observateurs de la scène politique, l’homme aurait sans doute senti le flair de l’opération « mains propres » qui va secouer l’ancienne Assemblée Nationale. Voilà que 2009 enfante d’un autre exilé. A son encontre, il n’y a pas pour le moment pas de mandat d’arrêt international officiel, mais il est certain que Mahamane Ousmane ne rentrera pas de sitôt au Niger.

O.D

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :