Négociations entre pouvoir et opposition sur la crise politique Ça passe ou ça casse !


Ouvertes le lundi 21 décembre dernier, puis suspendues deux trois jours après par le médiateur « pour raison des fêtes de fin d’année », les négociations pour une sortie de la crise politique nigérienne vont, en principe, reprendre ce mardi 29 décembre. Si elles se retrouvent cette fois-ci, la partie gouvernementale et l’opposition vont entrer dans le vif du sujet, c’est-à-dire discuter sur les propositions de sortie de la crise. Il n’y aura donc pas dix mille cas de figure : c’est ou ça passe ou ça casse.

En effet, jusqu’à la suspension de ces négociations, le jeudi 24 décembre dernier, les représentants du pouvoir et ceux de l’opposition n’ont fait montre d’aucune volonté à aller vers un compromis. Pendant que les premiers martèlent que le processus de la mise en place des institutions de la 6ème République est irréversible, les seconds, eux, clament leur fidélité à la Constitution de la 5ème République, au terme de laquelle le Président Tandja Mamadou devrait avoir quitté le palais présidentiel depuis le 22 décembre dernier.

Avec l’organisation, hier dimanche 27 décembre, des élections municipales, on s’aperçoit que le pouvoir est vraiment décidé à aller dans sa logique d’installer toutes les institutions prévues par la Constitution de la 6ème République.

Même si personne ne peut encore présager de ce qui sortira des négociations menées sous l’égide la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), les chaudes empoignades qui ont marqué leur ouverture renseignent assez sur l’état d’esprit qui caractérise les différents protagonistes de la crise.

Dans une déclaration qu’elle a publiée, le samedi 26 décembre, l’opposition a aussi réitéré son refus de reconnaître la légitimité du Président Tandja, ainsi que toutes les élections organisées sur la base de la Constitution de la 6ème République. Ce sont certainement ces mêmes positions – diamétralement opposées – que les deux camps adverses vont tenter de défendre tout au long des négociations. Au risque d’obliger le médiateur Abdulsalami Abubakar à retourner bredouille à Abuja et rendre compte aux dirigeants de la CEDEAO qui l’ont mandaté !

Ils sont en tout cas nombreux les analystes qui disent ne rien attendre de concret des pourparlers engagés autour de la crise politique que vit le Niger, depuis que le Président Tandja a entrepris de se maintenir au pouvoir à travers un référendum vivement contesté par les principaux partis politiques, l’ensemble des centrales syndicales du pays et plusieurs organisations de la société civile. Le pessimisme affiché par les uns et les autres, quant à un aboutissement heureux de la crise politique en cours, se trouve conforté par certaines réactions du Président Tandja lui-même. Il y a quelques jours, en marge de la célébration de la fête tournante du 18 décembre à Diffa (sa région natale), il avait ouvert le feu sur la CEDEAO et la Communauté internationale qui demandent avec insistance le retour à l’ordre constitutionnel au Niger. A moins donc d’un revirement de dernière minute, on peut estimer que les refondateurs de la République, avec le Président Tandja en tête, ne sont pas prêts à sacrifier la moindre institution de la 6ème République pour créer les conditions d’une ouverture vers les autres forces politiques et sociales qui, elles, ne jurent que par la 5ème République. Que Dieu sauve le Niger !

Kané Illa

Seini Oumarou, chef de la délégation du pouvoir

Abdusalami médiateur de la CEDEAO pour le Niger

Amadou Boubacar Cissé, chef de la délégation de l'opposition

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :