Célébration du 19ème anniversaire du CDS-Rahama : Mahamane Ousmane joue à l’abonné absent


Le CDS-Rahama, parti présidé par M. Mahamane Ousmane, ancien Président de l’Assemblée Nationale du Niger, a commémoré son 19ème anniversaire le mardi 5 janvier 2010. C’est au siège de la délégation régionale de Niamey qu’a eu lieu cette cérémonie qui a vue la présence des responsables des autres formations politiques du Niger ainsi que des organisations de la société civile. Il est de tradition que chaque année, les partis politiques nigériens célèbrent l’anniversaire consacrant leur création.

Président du CDS Mahamane Ousmane

Cette année, la convention démocratique et sociale (CDS) a fêté cet anniversaire sans son président, M. Mahamane Ousmane. En effet, c’est un rappel, Mahamane Ousmane vit depuis la dissolution de l’Assemblée Nationale le 26 mai 2009 par le président de la République Mamadou Tandja, à Abuja au Nigeria. Le leader de la CDS, Mahamane Ousmane a préféré transférer son Quartier Général au Nigeria, loin de toutes ces réclamations des démocrates nigériens appelant chaque jour à un retour à l’ordre constitutionnel normal au Niger après le coup d’Etat constitutionnel orchestré par le Président Tandja Mamadou, le 04 août 2009, pour s’éterniser au pouvoir. La dernière présence de Mahamane Ousmane remonte à un peu plus de 5 mois quand il a assisté, avec les autres formations politiques, à la création du MDDR, le mouvement pour la défense de la Démocratie et de la République, un front qui s’est assigné comme objectif la lutte pour la restauration de la démocratie au Niger. Depuis lors, beaucoup d’eau avait coulé sous le pont, avec bien sûr les différentes interpellations des anciens députés qui pour des malversations financières, qui pour s’être opposés formellement au mouvement Tazartché du Président Tandja. Mahamane Ousmane, n’échappe malheureusement pas à cette poursuite en raison de la gestion catastrophique qu’on lui attribue qui a émaillé sa présidence avec des incroyables dépassements budgétaires. Bien que le régime de Niamey ne lui reproche rien de précis, contrairement aux deux autres leaders de l’opposition, Mahamadou Issoufou et Hama Amadou qui font tous deux l’objet d’un mandat d’arrêt international pour blanchiment d’argent, il a préféré s’incruster au Nigeria pour fuir une quelconque poursuite judiciaire, laissant du coup ses militants seuls poursuivre la lutte sous la houlette des vice-présidents comme Abdou Labo, Ary Ibrahim, Falké bacharou, Laouel Amadou dit Edmond, etc…

Avec de tels comportements des premiers responsables des partis politiques, nul doute que la lutte engagée par les militants de base ne manquera pas de s’émousser. Difficile donc d’escompter, de voir un jour le Niger renouer avec l’ordre démocratique normal. Il est de notoriété publique que les opposants de tous les régimes dictatoriaux sont confrontés à des problèmes de poursuite judiciaire, mais restent tant bien que mal dans leurs pays respectifs. C’est le cas des opposants au régime militaire guinéen qui luttent aux côtés des militants de leurs partis politiques pour instaurer un Etat de droit dans leur pays. Nos dirigeants, eux, préfèrent s’éloigner du pays pour procéder à des déclarations tapageuses de leurs lieux d’exil qui ne sont pas de nature à avancer les choses. Si aujourd’hui nous sommes au stade d’un recul terrible de la démocratie au Niger, c’est en partie grâce à la démission de certains responsables de partis politiques comme Mahamane Ousmane et Hama Amadou. Cette attitude indigne des hommes d’Etat donne malheureusement des arguments aux partisans du président Tandja qui continuent à les présenter comme des ‘’apatrides’’.

Rentrer au pays aux côtés des militants reste l’unique voie pour eux de sauver leur image et leur crédibilité non seulement à la face du monde mais aussi pour conforter leurs bases déboussolées de plus en plus en perte d’arguments. La seule lutte qui vaille est celle qui se fait avec les nigériens démocrates qui croient toujours dur comme fer que ces responsables demeurent encore les hommes politiques qui peuvent sauver le Niger au stade actuel.

Ibrahim Amadou

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