19ème anniversaire du PNDS-Tarayya : Ferme engagement contre le Tazartché de Tandja


19ème anniversaire depuis sa création, 14 ans d’opposition dans le discours, un gros match contre la refondation de Tandja Mamadou, c’est tout cela que le PNDS a célébré le dimanche 10 janvier dernier dans une forte mobilisation des militants réunis à la devanture de son siège de l’Avenue de l’OUA. Une fête en famille, mais aussi une intense activité des militants dans un contexte politique marqué par la crise institutionnelle née de la volonté de Tandja Mamadou de modifier la constitution du Niger depuis le 04 août 2009 pour s’accorder une prolongation de trois ans sur son mandat constitutionnel qui s’est achevé au soir du 22 décembre 2009 dernier.

L’atmosphère était marquée par une hostilité totale à l’endroit du Tazartché de Tandja Mamadou avec un brin de préoccupations tournées à l’horizon des difficiles négociations conduites par le médiateur de la CEDEAO le Général à la retraite Abdul Salami Abubakar. Les militants du PNDS et des partis de l’opposition CFDR, nombreux devant le siège du PNDS scandaient des slogans hostiles à la 6ème République de Tandja Mamadou, à la manipulation de la constitution et au référendum du 04 août.

En ce moment de relâchement du dialogue inter-nigérien, tous les cadres des partis de l’opposition étaient présents aux côtés du chef de file de l’opposition : Issoufou Assoumane de l’UDN-Talaka, Amadou Boubacar Cissé, de l’UDR-Tabbat et chef de file de l’équipe des négociations de la CFDR, Abdou Labo, Falké Bacharou de la CDS, Omar Ladan Tchiana, Soumana Sanda du MODEN-Lumana, Amadou Nouhou de l’ANDP-Zaman Lahiya…

«La refondation ! A bas ! La 6ème République ! A bas !», scandaient les militants qui exprimaient leur ferme rejet du régime politique de Tandja Mamadou.

Nous ne voulons pas jouer la prolongation, nous devons nous mobiliser pour mettre fin au régime né de la violation de la constitution, a indiqué dans son intervention le très radical Issoufou Assoumane de l’UDN-Talaka.

Le discours ferme, le président du PNDS a tenu d’abord à rendre hommage au compagnon de lutte tombé sur le terrain du combat et aussi aux victimes des attaques armées dans la région Nord du pays. «Je pense en particulier à notre grand ami, mon grand frère Moumouni Adamou Djermakoye, président fondateur de l’ANDP-Zaman Lahiya tombé sur le champ d’honneur de la démocratie un certain 14 juin 2009. Je voudrais également présenter mes condoléances consternées aux familles des militaires récemment tombés sur le champ d’honneur à Telemcèss ainsi qu’à celles des ressortissants saoudiens, tués à Djambala», a indiqué Mahamadou Issoufou.

Le ton de recueillement va céder la place à un discours résolument contestataire, définitivement tourné contre Tandja Mamadou. «Le 19ème anniversaire du PNDS-Tarayya se déroule à un moment où notre pays est plongé dans une crise politique injustement et délibérément voulue par un seul homme : M. Tandja Mamadou», a déclaré le président du PNDS alors que en écho les militants répondaient par des «à bas ! A bas ! … ».

Mahamadou Issoufou a retracé les prémisses de la crise, les appels des comités de Tandja pour la poursuite de ses grands chantiers, la déclaration du 21 décembre 2008 et tout au long les réactions du PNDS depuis son 18ème anniversaire du 4 janvier 2009 à Maradi, le rejet systématique de toute violation de la constitution du 09 août 1999. «Déjà, le 18 novembre 2008, soit environ trois semaines après la cérémonie de la pose de la première pierre de la raffinerie de Zinder, je formulais la même position dans une note adressée à M. Tandja. », a-t-il indiqué.

Dans un passage particulièrement dur, le président du PNDS n’a point été avare des qualificatifs pour l’homme politique Tandja Mamadou. Il a parlé d’arrogance et d’orgueil, le mensonge, la perfidie, la dissimulation, la trahison, l’infidélité, la violation du serment et de la parole donnée, la vénalité et la cupidité. Rien n’a fléchi la position totalement révoltée du chef de file de l’opposition à l’endroit de Tandja Mamadou. Mahamadou Issoufou n’a fait aucune concession au meneur en 1993 du saccage de l’Assemblée Nationale et l’auteur de la fameuse formule «Zomon zamani sai karan zamani », en 1994.

Petite note de conciliation toutefois, l’allusion à la médiation entreprise par les chefs d’Etat de la CEDEAO. «La médiation actuellement en cours, sous l’égide de la CEDEAO, est l’ultime chance pour notre pays de sortie de cette crise de façon pacifique. Je voudrais réitérer, ici, la confiance de notre parti au président Abdul Salami Abubakar et l’assuré de notre soutien », a déclaré le président du PNDS Mahamadou Issoufou devant la foule immense des militants du PNDS et des partis de l’opposition CFDR. L’année 2009 a été une année noire pour la démocratie en Afrique notamment au Niger et en Guinée Conakry, a aussi annoncé le chef de file de l’opposition.

Contexte particulier de tensions politiques extrêmes ou précautions protocolaires pour ne pas trop contrarier ses alliés politiques, notamment du MODEN-Lumana très rugueux à l’endroit des frères ennemis du MNSD de Seini Oumarou, le PNDS pour son 19ème anniversaire a voulu d’une cérémonie dans la famille des partis de l’opposition. Les partis de l’Alliance MPRR de l’entourage de Tandja Mamadou étaient tenus à l’écart.

Ibrahim Elhadj dit Hima

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