Les 9 suggestions du médiateur pour une sortie de crise au Niger La feuille de route qui déroute


En quittant Niamey, le samedi dernier, le médiateur Abdulsalami Abubakar laisse derrière lui une date de reprise des négociations pour le 4 février prochain et une feuille de route officielle, cette fois-ci. Malgré l’apparente sérénité qui a accueilli, de part et d’autre, les propositions qui y sont contenues, le volcan bouillonne de l’intérieur ! Dans les deux camps ! Toute raison gardée, la déclaration de la CFDR, rendue publique, hier dimanche, a évité le piège. Par contre, il règne, du côté du MPRR ou, disons, du côté de Tandja, un silence annonciateur de la tempête. L’un dans l’autre, la feuille de route du Médiateur Abdulsalami déroute la classe politique nigérienne portée aux victoires faciles sans transpirer.

La CFDR évite le piège des déclarations tapageuses…

Pour la Coordination des Forces pour la Démocratie et la République (CFDR), les carottes sont donc cuites pour le dialogue inclusif inter nigérien. La CFDR ne rejettent pas les propositions du médiateur dans la mesure où elles « sont articulées autour de l’idée d’un gouvernement intérimaire d’union nationale et d’un pouvoir de transition, en vue d’organiser des élections générales à une date à déterminer au cours du dialogue postulant de fait la fin de la sixième République, l’on n’a pas besoin d’être devin pour savoir ce qu’en pense Monsieur Tandja. » Sans jubiler, les responsables de la CFDR préfèrent laisser le camp de Tandja endosser la responsabilité de l’échec des négociations dans une de ces tactiques sophistiquées dont ils ont le secret. Néanmoins, « la CFDR, comme à son habitude, enverra au médiateur ses propositions, après une réflexion responsable.» Il faut comprendre par cette ‘’pichnète’’ que certaines suggestions du médiateur sont peu ou pas suffisantes au goût de la CFDR. C’est pourquoi, projection oblige, les opposants avertissent : «Toutefois, elle considère que les nigériens ne doivent se faire aucune illusion quant à l’issue de ce dialogue, qui n’a, en vérité, jamais eu lieu. » En conséquence de quoi « la CFDR demande à ses militants et à tous les démocrates de se préparer pour une lutte résolue et déterminée, afin de faire échec au projet de Monsieur Tandja d’exposer les nigériens à la détresse et aux souffrances, juste pour que lui et les siens continuent, tels des sangsues, à parasiter notre pays. » En substance, on peut retenir que cette déclaration de la CFDR est faite de finesse, de tactique et de vision.

Ironie du sort pour le camp présidentiel…

Dans le camp présidentiel, par contre, les conciliabules continuent. Chacun sait que le dernier mot revient au premier des tazartchistes. Du reste, ces derniers jours, ses discours sont truffés des déclarations à l’emporte pièce. La preuve de la détermination de Tandja à ne rien céder dans le cadre de ce dialogue nous vient de la CFDR. En effet, selon elle, le lundi 11 janvier 2010, M. Tandja avait accordée une audience au médiateur qui voulait s’assurer de son accord quant àusé de circonvolutions pour lui dire qu’il ne consentira aucune concession et que rien ne peut s’envisager en dehors de la sixième République et de ses institutions ». Voilà qui est net comme un couperet.

Pire, pour les milieux tazartchistes, le médiateur «sent» la CFDR tout comme la Commission de la CEDEAO, dirigée par Ibn Chambas qui, n’est ni plus ni moins qu’un simple commis de cette institution. Toutefois, il faut noter que ce bloc n’a pas encore rendue publique de déclaration pour exprimer ses vues sur les suggestions du médiateur. Tactique de leur part ? Quoiqu’il en soit, ces propositions arrangent M. Tandja. En effet, elles lui offrent la bouée de sauvage inespérée à travers la disposition concernant l’amnistie.

Et si l’Union Africaine entre dans la danse…

Plus d’un Nigérien a été désappointé par le dilatoire qui a caractérisé le processus des négociations dans le cadre du dialogue inclusif inter nigérien. Maintenant que les propositions de Abdulsalami sont connues et qu’elles semblent ne plaire à aucun des deux camps, l’on se demande ce que pourrait être la suite. Et bien, il paraîtrait que c’est l’Union Africaine qui se saisirait du dossier. Là aussi, il serait difficile de désavouer le médiateur de la CEDEAO qui a reçu le soutien de la Commission de l’UA et de l’Union Européenne. En dépit du fait que Tandja pourrait compter sur certaines amitiés dont celle du Guide Libyen, les Présidents et Chefs de Gouvernement Africains entérineront les positions dégagées par Abdulsalami Abubakar. Principalement à cause du fait que ses suggestions sont passées au crible des principes démocratiques qui réfutent la violence et le coup d’Etat constitutionnel ou militaire.

Le retour à la case départ n’est pas loin…

En effet, l’échec de ces négociations nous ramènera inéluctablement à la case départ. Il n’y a pas de doute que la CFDR reprendra la rue publique à défaut de la république. Et sans être magicien, on peut prédire qu’ils y trouveront les forces de défense et de sécurité sur leur chemin. Ne voulant pas envisager les conséquences qui en découleront, nous pensons que, dans cette collision d’intérêts, le souroundou ou melting-pot ou métissage constitutionnel peut vraiment être la voie du salut !

A.I.

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