Congrès de l’ANDP-ZAMAN Lahiya: L’affaire ANDP risque de se trouver devant les tribunaux


Le bateau ANDP commence à tanguer. Après l’échec du premier consensus, les choses ne semblent pas s’arranger, malgré l’appel du parti à la cohésion pour rester solidaire avec l’esprit de son défunt père fondateur Adamou Moumouni Djermakoye. Le candidat issu de ce consensus, désapprouvé par le congrès, ne veut pas s’arrêter là. Réclamant la légitimité et la légalité en sa faveur, Amadou Bagnou entend user de tous les moyens légaux pour démontrer qu’il est le président légal de l’ANDP après avoir battu, dit-il tous ses rivaux. L’affaire risque de se déboucher vers les tribunaux.

Le 16 janvier 2010, c’est un rappel, l’Alliance Nigérienne pour la Démocratie et le Progrès ANDP-ZAMAN LAHIYA a tenu un congrès extraordinaire à Dosso en vu de procéder à l’élection d’un nouveau Président qui succédera ainsi à l’homme du consensus Feu Moumouni Adamou Djermakoye, décédé le 14 juillet 2009, alors qu’il prenait héroïquement part au meeting organisé par le Front pour la Défense de la Démocratie (FDD) à la Place Toumo.

Il faut rappeler que le FDD a vu le jour au lendemain de l’annonce faite par le président Tandja de soumettre à l’approbation populaire une nouvelle constitution qui puisse lui octroyer un bonus de trois ans, après son dernier mandat constitutionnel qui prenait fin le 22 décembre 2009. Jugée anticonstitutionnelle par l’immense majorité de nigériens, cette entreprise est présentée comme une remise en cause des acquis démocratiques. Ce qui du reste a amené un certain nombre de partis politiques, d’organisations de la société civile et des structures syndicales à mettre en place un front pour la défense de la démocratie dans le but de combattre ce projet de Tandja.

Depuis la disparition du père fondateur de l’ANDP-ZAMAN LAHIYA, l’intérim du parti est assuré par Monsieur Issa Moussa décèdé deux jours après le congrès avorté. Après un premier report de la tenue de ce congrès extraordinaire, celui-ci a finalement eu lieu, le 16 janvier dernier à Dosso. Au départ cinq candidats étaient en lice: il s’agit de Amadou Nouhou, ancien ministre des Transports et de l’Aviation Civile, Moussa Issa, l’intérimaire, Amadou Bagnou, Dan Didjé, un opérateur économique et ancien député et Ali Seïni Gado ancien ministre de la Fonction Publique et de l’Emploi. Parmi ces candidats, deux figurent en bonne place, à savoir Ali Seïni Gado et Amadou Nouhou. C’est en tout cas les noms de ces deux poids lourds du parti qui reviennent sur toutes les lèvres. A l’ouverture du congrès trois candidats ont été officiellement présentés à la plénière après le retrait de deux candidats, à savoir Sani Ousmane dit Dan Didjé et Issa Moussa.

Ainsi, les délégués ont aussitôt exigé que l’élection du nouveau président se fasse par consensus. Après des pourparlers, le candidat Amadou Bagnou a recueilli la faveur de ses camarades. Mais c’est sans compter avec la vigilance d’autres délégués du parti qui voulaient que leur parti soit dirigé par celui là qui peut continuer les œuvres du père fondateur. Non sans passer par des faux-fuyants, l’immense majorité des délégués vont violemment opposer une fin de non recevoir au choix porté sur la personne de Amadou Bagnou soupçonné par certains candidats d’être à la solde du Tazartché. Selon certains témoins oculaires, cette recherche de compromis n’ayant pas abouti a fini par se transformer en une scène de bagarre et de persiflages politiques. Dans les différents camps proches des différents candidats la méfiance est de mise. Chacun considère l’autre comme le candidat du pouvoir ou de l’opposition. Cette crainte est aussi sentie chez tous les participants qui s’interrogeaient sur le candidat à même de poursuivre l’esprit de consensus qu’a toujours défendu le Père-fondateur.

Après une accalmie, les travaux ont repris le lendemain, là encore le compromis n’était pas au rendez-vous. Toutefois, le candidat Amadou Bagnou persiste et signe qu’il est le nouveau président du parti. A l’appui de son insistance, celui-ci rappelle qu’au préalable, les congressistes se sont entendus sur le principe de trouver un président par consensus pour coller au credo du parti. Les 8 présidents des sections ont été constitués en comité qui a dégagé des critères pour le choix de ce président. Des critères soumis à l’appréciation des candidats est acceptée par tous. Au sortir de cet exercice, Amadou Bagnou a recueilli le maximum des voix sous l’œil vigilant d’un huissier qui a été commis pour la circonstance. M. Amadou Bagnou se dit prêt-à-porter l’affaire devant les tribunaux si toutefois le bureau politique ne revenait pas sur sa déclaration.

A défaut du consensus, les participants ont fini par confier la direction des affaires du parti au Secrétaire Général du parti M. Kindo Hamani pour une durée de six mois, conformément aux dispositions des textes du parti. Dans une des résolutions prises par le congrès avorté, les participants ont réaffirmé le maintien de leur parti au sein de la CFDR. Voilà qui confirme que les héritiers de l’ANDP sont restés en alerte aux manœuvres sournoises tendant à rallier leur parti dans le gotha des formations politiques acquises pour la cause du nébuleux système politique dit de « refondation de la République ». C’est dire que le rêve des refondateurs, celui de voir la CFDR se démanteler, n’est pas pour demain, car visiblement la mémoire de feu Adamou Moumouni Djermakoye, un des acteurs de la création de ce front pour la défense de la démocratie, garde emprise sur le parti.

Moctar Gazoby

Paru dans Transparence N°40 du 28 Janvier 2010

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