La 6ème République cherche de l’argent pour joindre les deux bouts


Selon toute vraisemblance, l’Etat du Niger a quelques difficultés financières. Pour le moment, ce sont les fournisseurs qui le constatent. Pour le dernier trimestre de l’année 2009, il n’y avait pas eu d’ouverture de crédit, sauf pour quelques services prioritaires qui avaient reçu un petit quelque chose pour assurer leur fonctionnement. Nous sommes maintenant presque à la fin du mois de janvier 2010 et les services de l’Etat attendent toujours l’ouverture de crédit pour faire face à des dépenses urgentes qui s’accumulent. En clair, les conséquences de la suspension de l’aide budgétaire de l’Union Européenne commencent à se faire sentir.

Où trouver donc de l’argent pour pallier la fermeture du robinet de l’UE puisque l’Etat ne mobilise pas suffisamment de ressources internes et que la vente de l’uranium, malgré le rehaussement du prix, ne rapporte pas encore de quoi couvrir même les besoins de l’Etat ?

Pour la mise en valeur des gisements uranifère de Imouraren et pétrolier d’Agadem, il faut attendre 2012 avant que la manne ne commence à tomber. Mais avant, la 6ème République, ou disons la transition pour la mise en œuvre de la Refondation de la République ait de l’argent pour fonctionner et cela, sans l’aide des partenaires qui finançaient en grande partie le fonctionnement de l’Etat et en contre partie lui dictaient la conduite à tenir ; ce que le président Tandja ne peut pas accepter, décidé qu’il est à refonder la République contre l’avis de la Communauté internationale.

Supposons, comme il est de pratique, que le Gouvernement souhaite obtenir des avances sur les recettes à venir ; il lui serait difficile de s’adresser à son principal partenaire AREVA vu l’état actuel de leurs rapports.

Et apparemment, les Chinois, malgré leurs intérêts de plus en plus affichés pour les ressources minières et pétrolières du Niger, ne sont pas encore disposés, comme attendu, à se substituer aux partenaires traditionnels du pays dans le cadre de l’appui budgétaire.

De même que pour l’exploitation des ressources naturelles, dans le cadre de la recherche d’aide, il faut songer à diversifier les partenaires. C’est peut-être dans ce sens qu’on parle d’une prochaine mission du Premier ministre Gamatié en Iran. Comme ce pays est la bête noire de la ‘’Communauté internationale’’, certainement qu’il comprendra les velléités souverainistes du Niger et le soutiendra dans son bras-de-fer avec la communauté internationale. Autrement, si Gamatié ne trouve pas de l’argent rapidement, la 6ème République risque d’avoir des difficultés pour survivre.

I.S.Gaoh

Paru dans le Témoin N°324

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