Dialogue inter nigérien : Les débats encore différés


Décidément, les négociations sont loin d’être véritablement maîtrisées par le médiateur de la CEDEAO sur la crise politique au Niger. Le général Abdul Salami a, de plus en plus, du mal à bien ficeler le dossier de discussion. Entamées depuis décembre 2009, rien n’a encore substantiellement avancé. Rencontres en aparté, consultations entre groupes, interruption du dialogue, les débats véritables entre les différentes parties n’ont encore jamais eu lieu.

Après une série de consultations isolées, les différentes parties CFDR comme MPRR s’attendaient à des négociations véritables autour d’une table. Rien de cela encore. Le médiateur de la CEDEAO a encore opté pour ce qui apparaît comme une sorte d’hésitation.

Les débats en plénière n’auront pas lieu ce jeudi 4 février. Pratiquement, deux mois depuis le début, on est encore dans la phase des entretiens séparés avec le médiateur. En tout cas, c’est encore le schéma qu’il a décidé de reconduire. C’est dans la matinée du jeudi 04 février que la décision de Abdul Salami a été faite dans ce sens. Les différentes parties CFDR et MPRR doivent désigner chacune de son côté cinq représentants. C’est à 14h 30 de l’après-midi de ce jeudi 04 février que le médiateur va recevoir l’équipe des cinq délégués de la CFDR pour un entretien d’une trentaine de minutes. Puis suivra le tour des cinq délégués de l’équipe du MPRR qui doit rencontrer le médiateur à 16 h 30. Il s’agira au cours de ces différentes rencontres séparées d’échanger avec chacune des parties sur les observations qu’elles ont déjà transmises depuis le 26 janvier dernier et de les confronter avec les propositions du médiateur.

Aucune ombre d’une rencontre de discussions en plénière avec les différentes parties ne pointe encore à l’horizon. Du côté de l’opinion nationale, il faut dire qu’on est de plus en plus gagné par une vague de doute et de scepticisme quant à l’issue des négociations dans le schéma de Abdul Salami. Est-ce que les discussions déboucheront véritablement vers la détermination d’un processus de sortie de crise ? Avec bien entendu le délai très proche de la rencontre des chefs d’Etat et de gouvernements de la CEDEAO du 16 février prochain qui devra apprécier l’évolution de la situation. La question reste pour l’instant entière. Les négociations n’ont pas encore commencé, annonce-t-on pour l’instant d’un camp à l’autre, du côté de l’opposition CFDR comme de l’alliance au pouvoir MPRR. En tout cas les marges de chance commencent à s’effriter lorsque dans certains milieux on hésite même pas à dire que depuis son démarrage, la médiation de Abdul Salami n’a jamais arrêté un ordre du jour précis. Le Général Abdul Salami joue à la rallonge, indique-t-on du côté de l’opposition CFDR où le sentiment d’irritation devient de plus en plus manifeste.

Le Général a-t-il manqué de poigne pour réunir les deux parties en discussion autour d’une table ? Le temps presse, surtout que du côté même de la CEDEAO certaines autorités tentent de relativiser les résultats de la médiation. Il est vrai que dans le principe, la dernière réunion du sommet de l’Union Africaine a encouragé les discussions conduites par le médiateur Abdul Salami, mais tout en annonçant aussi son ferme attachement au respect des règles démocratiques constitutionnelles. Dans certains milieux politiques en tout cas au Niger, comme au niveau de l’organisation panafricaine, certaines voix n’hésitent pas à parler du retour à une médiation qui devra être conduite par un chef d’Etat en exercice qui aurait plus d’autorité pour conduire les débats.

Pour l’instant, il faut dire que c’est un lourd challenge qui pèse sur les épaules du Général Abdul Salami. Le pouvoir de Tandja Mamadou donne déjà l’impression d’avoir gagné la partie. Il l’a annoncé : c’est fini, le mouton est coupé. Dans le même temps, du côté de l’opposition, on semble engager la démobilisation dans le cadre du dialogue pour lancer de grands mouvements d’agitation.

La médiation de dernière chance, indique-t-on du côté de la CFDR parlant des discussions de ce jeudi 4 février 2010. On ne revient pas sur ce qui a été déjà fait, rien ne doit se faire qui remette en cause la volonté du peuple, indique-t-on du côté de la refondation. Retranché derrière les velours du Palais des congrès, le médiateur de la CEDEAO, le Général Abdul Salami Abubakar sait que la partie est loin d’être gagnée. Le dialogue inter nigérien risque encore de s’enliser complètement. Le dimanche 31 janvier dernier, la CFDR était déjà sur le point de lancer ses militants dans la mobilisation.

Ibrahim Elhadj dit Hima

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