Rébellion au sein de la refondation : Nouhou Arzika désavoué par sa bande


La société civile de la refondation de la République regroupée au sein du Mouvement Patriotique pour la Défense de la Nation et du Peuple (MPDNP) piloté par Nouhou Arzika, est en ébullition. La crise qui couvait depuis quelques semaines a fini par phagocyter ceux qu’on présente comme le rempart du régime institué depuis le 18 août 2009. Au centre de la colère de cette frange des soldats de la 6ème République, la gestion cavalière du Mouvement par le président Nouhou Arzika. Mais en réalité derrière les arguments ressassés par ‘’les soldats rebelles’’ pour justifier leur désaffection se cache bien un malaise lié à la prochaine formation du prochain gouvernement de la refondation qui divise déjà les principaux acteurs de la refondation.

Ce n’est pas la première fois que des crises de ce genre interviennent dans le paysage de la société civile nigérienne. Par le passé déjà des fractures ont affecté des centrales syndicales, des fronts et mouvements de la société civile nigérienne. Mais, c’est pour la troisième fois que les Mouvements conduits par Nouhou Arzika se disloquent souvent à la douce, sans tapage. Ce fut d’abord la Coalition Qualité Equité contre la Vie Chère qui s’est dispersée en raison de la personnalité envahissante de celui qui a été placé à sa tête. Ce fut ensuite l’émiettement du Mouvement Citoyen pour la Paix et la Démocratie qui va sombrer pour les mêmes raisons. La personnalité imprévisible, mégalomaniaque et passionnée de Nouhou Arzika va finir par avoir raison du MPDNP, mouvement qu’il a crée en pleine phase de ‘’la refondation de la République’’ avec un certain nombre d’organisations de jeunes. Le jeudi 4 février 2010, une douzaine d’organisations issues du Mouvement de Nouhou Arzika vont claquer la porte pour créer le Forum pour la Démocratie et la Paix (FDP). Les responsables de ces jeunes organisations reprochent au leader du MPDNP, sa gestion cavalière du mouvement et ses positions radicales dans la crise politique qui affecte notre pays depuis plusieurs mois.

Toutefois, les non-dits de cette dislocation, c’est aussi les mécontentements qui sont nés dans les rangs du MPDNP dans le cadre de la constitution du prochain gouvernement de la refondation tant exigé ces derniers temps par cette frange de jeunes de la société civile. L’on sait que le président du MPDNP prend une part active dans la formation dans ce gouvernement en étroite collaboration avec le Premier Ministre avec lequel, ils ont en commun leur philosophie antiparti. Le Premier ministre Ali Badjo Gamatié qui veut se donner un réel pouvoir de Chef de gouvernement veut mettre un terme à ce qu’il perçoit comme une indiscipline dans les rangs de son gouvernement et profiter aussi pour régler quelques comptes personnels alors que Nouhou Arzika qui n’a jamais fait mystère de son combat pour la partage politique veut promouvoir un certain nombre de jeunes qui gravitent autour de lui depuis le déclenchement de ce mouvement de refondation, dont ils se font passer pour les soldats, c’est-à-dire les piliers et les gardiens.

Si Ali Badjo Gamatié est en guerre ouverte avec les partis politiques de la refondation qu’il veut anéantir à travers le prochain gouvernement qu’il tente d’imposer au Président Tandja, Nouhou Arzika a, lui, à se battre en même temps contre les partis politiques de la refondation et à gérer ses troupes au niveau du MPDNP. En effet, il semble que les noms qui circulent comme faisant partie du prochain gouvernement de la refondation ne font pas l’unanimité dans les rangs du MPDNP. On cite à cet effet, des jeunes lieutenants de Nouhou Arzika comme Massaoudou Ibrahim dit soliste, coordonnateur de l’Observatoire Autonome pour la Bonne Gouvernance et la Démocratie au portefeuille de la jeunesse et du sport, Siradji Issaka actuel Chef de cabinet du Ministre de la communication, porte-parole du gouvernement, président par intérim de l’OIEPD-Ingantchi promu au poste du ministre de la compétitivité et de la lutte contre la vie chère et bien d’autres ‘’élus’’ du tandem Gamatié-Nouhou. Une information qui a fini par créer des fissures au niveau du MPDNP où la fronde est conduite par Bio Abdourahmane Secrétaire Général de l’Union des Scolaires Nigériens (USN), Elhadj Mahamadou Amadou Secrétaire Général de la Confédération Générale des Travailleurs, coordonnateur de l’OPEN et Maikoul Zodi du Mouvement des Jeunes Républicains (MJR), entre autres.

Cette dislocation laisse transparaître aussi que la lutte pour la conquête des postes au sein de la refondation qu’on présente comme une politique de non partage ne fait que commencer.

Laoual Sallaou Ismaël

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