Fait divers : Le plus grand froussard de la terre


Le plus grand froussard de la terre est un voleur de la capitale. Il n’a dû son salut qu’à l’intervention des propriétaires de la maison dans laquelle il s’est introduit pour commettre sa sale besogne. Récit d’une histoire à dormir débout.

C’était le mercredi dernier dans un quartier périphérique de la Commune IV de Niamey. Aux environs de 4 h du matin, les propriétaires d’une maison ont été réveillés en sursaut par les cris venant de leur concession. Dans la cour, un jeune homme mal habillé et mal chaussé était tenu en respect par le propriétaire de la maison. Pour lui, le colosse qui lui tordait les entrailles n’est point un être humain en chair et en os, mais le diable en personne. Ses cris finirent par ameuter les autres membres de la famille et les voisins qui ouvrirent les portes et accoururent. Malgré son gabarit, il se laissa faire et n’opposa aucune résistance tellement la peur refusait de le quitter. Il n’a pas eu besoin de se présenter. C’est un voleur. Comment s’était-il retrouvé là ? En escaladant le mur de la concession. Mais pourquoi a-il crié ? C’est là que vous allez rire. Venons-en aux faits : quand donc le voleur atterrit dans la cour de la concession, le maître de la maison malmené par son ventre était dans la douche en train de se soulager. Un bruit, sans doute provoqué par une bestiole, et notre voleur de chercher une cachette. L’endroit idéal qui lui vient automatiquement à l’esprit, c’est les toilettes. Dans celles-ci, Maïguida était là dans l’obscurité, presque nu, accroupi, les jambes écartées, la respiration en saccade, cigarette à la bouche, savourant sa nicotine entre ses pets, bref une position diabolique dans le silence d’une nuit ténébreuse, de quoi paniquer Terminator. Pour le voleur, il n’y a pas de doute. Il venait de se retrouver nez à nez avec le diable. C’est vrai qu’un voleur, ça court comme le vent, mais peut-on courir plus vite que le diable ? Notre malfaiteur n’a trouvé d’autre échappatoire que d’appeler les habitants de la maison au secours. Jusqu’à l’aube, il délirait et jurait avoir vu le diable. Puisqu’il a eu sa dose, une dose bien assenée, on finit par le libérer non sans qu’il ne soit copieusement hué par les enfants. Voilà un voleur qui pendra du temps avant de récidiver.                                                                                       O.K

Paru dans le canard déchainé N°414

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :