Le dialogue inter nigérien tarde à redémarrer, Sursis pour le gouvernement


C’est reparti ! Du moins ça va repartir ! En tout cas cinq (5) jours après l’arrivée du Médiateur de la CEDEAO, le Général à la retraite Abdulsalami Abubakar, le dialogue inter nigérien est encore au point mort. Le même rituel a repris : rencontre séparée des deux (2) délégations, conciliabules pour éclaircir au médiateur et à son équipe certains points, et patati et patata… La grande plénière, elle, attend, les Nigériens de même ! Pourtant, tout le monde sait que c’est la dernière ligne qui va être abordée pour que pouvoir et opposition administrent, à la face du monde, leur maturité à faire la paix, des braves soit-elle. Pendant ce temps, le Président Tandja prépare, en sourdine, un remaniement ministériel sur la base de deux (2) scénarii. On monte, on descend, comme dirait l’autre, un cadavre doit mourir !

Ça passe ou ça casse ! En tout cas, c’est sur cette logique que le Médiateur Abdulsalami a séparément reçu les délégations de la CFDR et du MPRR, principales forces engagées dans le processus de dialogue inter nigérien pour la recherche d’une solution consensuelle et inclusive à la crise politique qui secoue le pays depuis bientôt 9 mois. Objectifs ? S’assurer de la disponibilité de chaque camp et recueillir des informations complémentaires sur les propositions qui lui avaient été envoyées. Pour l’heure, l’on joue au gendarme et au voleur tout en corsant le climat. En effet, pour le porte-parole de la CFDR, Monsieur Amadou Boubacar Cissé, l’opposition a fait des concessions puisqu’elle a abandonné sa revendication d’un retour à la 5ème République comme préalable aux discussions. A présent, ils demandent une reconnaissance formelle de la violation de la constitution pour que s’engagent des échanges devant aboutir à la mise en place des institutions d’une transition ayant à sa tête un Premier ministre issu des rangs de l’opposition avec tous les pouvoirs et un Président de la République ayant des charges protocolaires. Pour le représentant du pouvoir, Monsieur Amadou Djibo dit Max, qui n’est pas entré dans les détails de leur proposition, il s’est contenté de réfuté toute idée allant dans le sens de la remise en cause de ce qu’il a appelé « les acquis de la 6ème République ».

A l’apparence, les deux camps sans parler un dialogue de sourds, parlent pour ne pas s’entendre. Par optimisme, on peut toujours déceler une évolution dans les positions, mais depuis la célèbre parabole du Président de la République, tout le monde a compris qu’un mouton égorgé ne ressuscite pas. Autrement dit, le régime de Niamey, ne revient ni sur le référendum, ni sur la Constitution encore moins sur les élections consommées du 20 octobre et du 27 décembre 2009. Un ‘’alea jacta est’’, quoi !

Rappelons que le dernier sommet de l’Union Africaine, tenu à Addis-Abeba le 30 janvier dernier, a réaffirmé son soutien au Général Abdulsalami et aux efforts qu’il a déployés en vue d’aboutir à une solution négociée dans la crise politique nigérienne. Cette affirmation de légitimité au médiateur, après celle de l’Union Européenne, en novembre passé, doit suffisamment interpeller les deux protagonistes sur le fait que la communauté internationale est prête à donner du crédit à toute décision de Abdulsalami.

Pendant que les choses sérieuses traînent du côté du Palais des Congrès, au Palais Présidentiel, elles semblent bougrement bouger. Selon nos sources, le Président Tandja ne chôme pas. Il aurait déjà concocté une nouvelle équipe gouvernementale dans le cas où les négociations n’aboutissent pas à un consensus. Il s’agit d’un resserrement des rangs autour de ses idées maîtresses avec des compétences neuves et de bonne facture morale. Le futur gouvernement, rabattu autour d’une quinzaine de portefeuilles ministériels étoffés par une dizaine de secrétaires d’Etat, pourrait être composé avec des transfuges de la CFDR. Par contre, l’aboutissement du dialogue imposerait au Président Tandja une certaine ouverture. En conséquence, il proposera aux Nigériens une équipe gouvernementale d’Union Nationale. La traîne du dialogue expliquerait donc pourquoi le remaniement est différé. Contrairement à certaines affirmations, le Premier ministre Gamatié, n’étant pas chef de gouvernement, il n’a aucune prérogative pour composer un gouvernement. Tout au plus, Tandja le consulterait pour tel ou tel choix. Le mot de la fin revenant à ce dernier. Selon, notre source, si vous êtes tazartchiste, évitez le trop plein de zèle. Ça ne fait pas partie des critères ! Le mouton égorgé ne pouvant ressuscité, le bonus ne se gère pas avec du sur place ! Qui vivra verra !                       A.I.

Paru dans le Canard Déchaîné N°414

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