Nouvelles propositions du médiateur de la CEDEAO : Pour qui roule Abdulsalami ?


En dépit de la présence physique du médiateur de la CEDEAO et de son équipe à Niamey depuis le jeudi 4 février 2010, les travaux du dialogue inter nigérien peinent à redémarrer. En toile de fond, les nouvelles propositions de Abdulsalami. En quoi diffèrent-elles des premières ? Vers quel camp penchent-elles ?

Médiateur de la CEDEAO pour le Niger

Lors de ses rencontres séparées avec les délégations de deux protagonistes de la crise politique nigérienne, le médiateur de la CEDEAO pour le Niger, le Général à la retraite Abdulsalami Abubakar, a fait part à ses invités d’une première synthèse avant la plénière qui est envisagée en début de semaine. Les propositions contenues dans cette synthèse sont tout simplement renversantes, selon les dires d’un membre de la CFDR ! Au-delà du jeu de mots, elles se résument à quelques points. Il propose d’abord, une période intérimaire dont la durée sera déterminée par le dialogue. Cette disposition a surpris plus d’un en raison du fait qu’elle remplacerait l’idée d’une transition démocratique. Les deux expressions s’éloignent puisque la seconde expression ne peut s’étaler sur plusieurs années. Alors qu’une période intérimaire même à déterminer par le dialogue, elle peut bien s’accommoder des trois ans obtenus par Tandja.

Ensuite, le médiateur revient sur son idée d’attribuer 47 députés à la CFDR. Cette proposition semble charmer le camp présidentiel et mécontente fortement celui de l’opposition. En effet, comment régler la question de la représentativité dans un groupe aussi hétérogène ? Et Abdou Labo de la CFDR de renchérir que c’est une absurdité puisque le PNDS, le CDS et l’ANDP totaliseraient plus de 52 députés et qu’une vingtaine de députés seraient alliés à Hama Amadou, fondateur du nouveau parti Lumana. Cela fait un total de quelques 70 députés. On est loin du compte avec 47. Puis, Abdulsalami de proposer un partage à 50/50 des postes ministériels. Les responsables de la CFDR boudent, ils ne lutteraient pas pour accéder aux rênes du pouvoir. Leur combat est impulsé par des principes. Par conséquent, ils veulent d’une reconnaissance formelle de la violation de la Constitution de la 5ème République. Pour Max du MPRR, cela est synonyme de se mettre la corde au cou. Si les Tandjawa semblent accepter les propositions de partage des postes au niveau des Institutions de la République (CESOC, HCCT…) à égalité avec l’opposition, cette dernière ferait la moue. C’est quoi un poste sans cadre légal ? De même des institutions comme la Cour Constitutionnelle, la CENI, le CSC seront dotés de nouveaux textes pendant la période intérimaire. Là aussi, grimace de la CFDR pour qui cette période doit permettre d’élaborer et d’adopter un texte constitutionnel consensuel. Le chassé-croisé auquel se livrent les deux camps engagés dans le dialogue inter nigérien met mal à l’aise le médiateur que d’aucuns accusent déjà comme roulant pour Tandja Mamadou. Wait and see !                A.I.

Canard Déchainé N°414

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