Guerre des fractions au sein de la 6ème République : Gamitié veut s’accaparer du Budget et de la Sécurité


Le prochain remaniement ministériel s’annonce comme une très grande épreuve pour les principales fractions de la 6ème République. Plus que la question de savoir qui occupera quel poste, la principale préoccupation c’est comment le gouvernement va être structuré.

L’opinion sait depuis un certain temps que le Premier ministre Ali Badjo Gamatié entend faire un nettoyage pour ne s’entourer que des ministres compétents à ses yeux et susceptibles de constituer une bonne équipe avec lui. On sait, de ses déclarations publiques, que la Ministre des Affaires Etrangères ne l’est pas et doit donc partir. Pour ça, le Président Tandja serait d’accord avec lui et Ben Omar est pressenti pour prendre la place de Aichatou Mindaoudou.

Mais ce qui intéresse le plus Gamatié, il ne le dit pas ouvertement. Il veut avoir une mainmise sur les finances publiques et les services de renseignement et de sécurité. Pour cela, il projette de scinder le Ministère de l’Economie et des Finances en deux pour en faire un Ministère de L’Economie, qui s’occupera des paperasses et qu’il laissera entre les mains de l’actuel Ministre Ali Lamine Zeine, et un autre du Budget qu’il confiera à un homme à lui, un homme qui saura jouer le même rôle qu’il a jouer avec Hama Amadou. Le Ministère de l’Intérieur, de la Décentralisation et de la Sécurité Publique sera aussi cassé en deux. La partie gestion des entités administratives déconcentrées et décentralisées constituera un ministère, où le Ministre Albadé pouvait continuer à trôner s’il le souhaite, et la partie sécurité publique sera érigée en un autre ministre. On image là aussi que c’est un homme de main de Gamatié qui gérera ce secteur névralgique de la sécurité et des renseignements une fois qu’il sera détaché de la tutelle du tout puissance Albadé qui ne le sera plus.

En clair, Gamatié prépare l’avenir. Décidé à s’implanter solidement sur le terrain politique et à se faire une bonne place au soleil (et pourquoi pas prendre cette de son ancien mentor Hama Amadou laissée vacante) en faveur cette Refondation qui comprend un volet démolition de la classe politique traditionnelle.

Mais toute cette entreprise futuriste de Gamatié ne semble pas prendre en compte une donnée de taille : le temps que lui il passera à la Primature. Parce que quelle soit l’image de technocrate, d’homme dégourdi et sans parti pris que Gamatié veut se donner, la solution de sortie de la crise, quelle qu’elle soit, risque de laisser en chemin.

Paru dans le Témoin N°325

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