Polémique autour des classes chinoises : Le Ministre Samba doit s’expliquer !


Depuis un certain temps, une polémique a cours autour du financement des classes préfabriquées, une option retenue par le gouvernement pour débarrasser les écoles, ne serait-ce qu’en partie, des classes en paillotes. Cette tâche a été confiée à une société chinoise, Poly Technologies INC, qui a été chargée de construire des classes préfabriquées (720), pour un montant de 11.250.000 euros (7.379.516.250 francs CFA), soit 15.625 euros (plus de 10,2 millions de francs CFA) l’unité. C’est justement au niveau de ce prix qu’un journal de la place, qui a eu le dossier en sa possession, s’est appesanti tout en expliquant qu’en face des prix réels donnés par cette société chinoise, un autre est apparu rendant du coup le prix de revient d’une classe exorbitant.

Les représentants de cette société ont animé un point de presse, pour expliquer qu’il n’y a pas eu de vol dans l’affaire. Selon M. Zhang Enhai, délégué au Niger de Poly Technologies INC, qui se déclare surpris par l’article intitulé « la preuve du vol », la facture publiée par le journal est une facture commerciale, codée de INV08P0545-1/1 et datée du 16 septembre 2009, portant sur le valeur CIF de 338.400 euros seulement pour les composants de 72 classes préfabriquées (plaques en tôle, poteaux d’acier, etc.). « Il s’agit d’une seule facture parmi 20 de valeurs différentes. Ces 20 factures établies pour 9 destinations du Niger et à partir de 6 lots du transport maritime sur les seuls composants de 720 classes préfabriquées sont uniquement destinées aux procédures d’exonération et de dédouanement à la Douane du Niger. Elles n’ont pas été remises au Ministère de l’Education Nationale » a expliqué M. Zhang Enhai, tout en précisant que les procédures d’exonération et de dédouanement sur les composants de ces 720 classes préfabriquées ont été régularisées depuis un certain temps.

Aussi, le délégué de Poly Technologies INC au Niger, a indiqué que le prix total du contrat qui est de 11.250.000 euros est composé de plusieurs éléments qui suivent :

– Composants des classes préfabriqués et leur transport/assurance ;

– Stockage sur différents sites et distribution à 192 écoles ;

– Sous-traitance au Niger de plus de 6 mois avec plus de 400 personnes pour la construction des longrines en béton armé et des plates-formes cimentées et montage des classes préfabriquées ;

– Assistance technique ;

– conception et gestion du projet.

C’est donc pour toutes ces raisons que le prix d’une classe préfabriquée est de 15.625 euros, au lieu de 4.700 euros comme ce que croit le journal, a ajouté M. Zhang Enhai.

Pour notre part, nous n’avons pas compris grand-chose de l’explication donnée par le Chinois. Il aurait été plus simple que quelqu’un qui maîtrise mieux le français prenne sa place. Mieux, ce n’est pas aux fournisseurs chinois de s’expliquer, puisque ce ne sont pas eux-mêmes qui se sont attribués le marché, mais aux autorités nigériennes mises en cause. Il faut bien que le ministre de l’Education Nationale, Dr Ousman Samba, nous explique pourquoi il a fait l’option de ces classes préfabriquées chinoises qui coûtent plus de 10.000.000 de francs l’unité alors que la construction d’une classe en matériaux définitifs ne coûte pas plus de 5.000.000 de francs ? Pourquoi il n’y a pas eu d’appel d’offres pour ce marché ?

Cette affaire des classes chinoises nous amène franchement à nous préoccuper des soucis qu’a le Ministre de l’Education Nationale d’une gestion rigoureuse (après la scandaleuse affaire MEBA) des maigres ressources de l’Etat du Niger dans ce secteur vital qui en a tellement besoin. Surtout si nous apprenons que n’eut été certaines vigilances dans le circuit de contrôle, ce n’était pas à 10 millions, mais à 14 millions l’unité que les Chinois auraient livré ces classes au MEN.

Il semblerait aussi que l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) a pris soin de notifier expression que l’autorisation qu’elle a donnée est assortie d’un contrôle de régularité des prix. Il faut donc, tout en commanditant une expertise sur la qualité de ces classes, procéder à un contrôle de la régularité des prix.

Si le Niger continue à jeter ainsi de l’argent par la fenêtre, qu’en serait-il lorsque l’argent de l’uranium et du pétrole commencera à couler à flot ?

Paru dans le Témoin N°325

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