Journée mondiale de lutte contre le cancer : Prévenir le cancer, c’est possible


Le 4 février dernier, l’ONG TUCC a commémoré la journée mondiale de lutte contre le cancer. Placée sous le haut patronage de la ministre de la santé publique, Dr Fatouma Moussa, l’évènement a réuni dans la salle de réunion du Grand Hôtel de Niamey les plus hauts responsables des organisations oeuvrant dans la lutte contre cette épidémie mondiale. C’était en présence, de la Ministre du développement Communautaire Dr Saadé Soulèye, du représentant de l’OMS au Niger, ainsi que de plusieurs invités de marque et Hommes de médias.

D’ici 2015, ce sont 84 millions d’individus qui vont mourir de cancer, si rien n’est fait, relève le rapport 2008 de l’Union Internationale Contre le Cancer (UICC). Aussi, plus de 700 millions d’enfants environ respirent un air pollué par la fumée du tabac. La mortalité liée au cancer a connu une nette progression ces dernières années. Ce qui a mobilisé l’OMS et l’UICC qui ont engagé un véritable combat en mettant en avant les moyens susceptibles de faire reculer la charge de cette maladie. Cette année encore, le 4 février 2010, journée internationale de lutte contre le cancer a été mise à profit pour faire le point et surtout pour prévenir. Ces organisations recommandent entre autres d’éviter de fumer et d’avoir un régime alimentaire sain et faire régulièrement de l’exercice physique, modérer la consommation de l’alcool.

Au Niger, l’évènement qui a réuni les responsables de l’ONG Tous Unis Contre le Cancer et les plus hauts responsables de la santé, a été l’occasion de rappeler les efforts consentis par l’Etat dans le domaine. En effet, le Niger a ratifié la convention – cadre pour la lutte antitabac de l’organisation mondiale de la santé en 2005 et s’est engagé à protéger la population en adoptant des mesures juridiques contre l’exposition à la fumée passive sur les lieux de travail et dans les lieux publics. La loi N°2006-12 du 15 mai 2006 relative à la lutte antitabac stipule clairement en ses articles 12 et 13 qu’ «il est interdit de fumer dans tous les lieux publics, les lieux de travail intérieurs sauf aux emplois réservés aux fumeurs.

Les conditions d’application de cet article seront fixées par décret pris en Conseil des ministres.

Quant à l’article 13, il dispose qu’ : «il est interdit de fumer dans tous les moyens de transport publics».

Dans ce cadre, en plus de l’interdiction de la publicité sur le tabac et la réglementation sur les emballages ainsi que les contenus des produits du tabac destinés à être vendus au Niger, il a été institué en 2007 la gratuité des prestations des soins liés au cancer féminin.

Aussi, le Niger a procédé à la mise en place du registre du cancer. En ouvrant les travaux de cette conférence débat, la Ministre de la Santé publique, Dr Fatouma Moussa rappellera toutes les actions menées par l’ONG TUCC pour lutter contre le cancer allant de la sensibilisation à l’assistance des personnes cancéreuses. Les infections liées aux VIH/Sida ne doivent pas occuper la menace réelle du cancer.

La journée a été mise à profit par l’ONG pour organiser une série de conférences animée par d’éminentes sommités de la santé et des responsables d’ONG oeuvrant dans la lutte contre le cancer. Ainsi, respectivement, le Pr. Agrégé HAROUNA. Yacouba, Chirurgie viscérale et thoracique, Hôpital National Niamey a animé un thème relatif au tabac et cancers du poumon de l’homme ; le Pr. Ag. NAYAMA Madi du Service de Gynécologie et d’Obstétrique, Maternité Issaka Gazoby de Niamey s’est penché sur le thème tabac et santé de la reproduction; «protéger nos enfants de la fumée passive» présenté par Dr Djermakoye-Jackou Hadiza et enfin le cadre institutionnel développé par le président de l’ONG SOS Tabagisme, Mr SAOUNA Inoussa. Il ressort de ces communications présentées au public que le cancer sous toutes ses formes peut être prévenu. Que l’exposition à la fumée du tabac constitue en grande partie la cause première du développement de plusieurs maladies pathologiques. L’existence d’un cadre institutionnel et juridique dont l’application reste mitigée. Qu’il existe plus de 4 000 substances différentes, dont 60 substances cancérigènes dans la fumée du tabac. Que la consommation du tabac est plus dangereuse pour le fumeur et pour son entourage immédiat d’abord, la famille, sur les lieux de travail et les espaces publics. De part sa composition, le courant secondaire de cigarettes est plus toxique que la fumée directement inhalée par le fumeur. Et aussi 90% des cancers pulmonaires sont liés à la consommation du tabac. Que ce sont 3 à 5.000 décès/an liés au tabagisme passif principalement par des affections cardio-vasculaires et pulmonaires qui sont enregistrés dans le monde.

Ibrahim Amadou

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