Crise politique au Niger : Abdul Salami hésite, la communauté internationale attend


Reprises le jeudi 4 février dernier sur fond de rencontres séparées, les assises du dialogue inter-nigérien se poursuivent dans la grande discrétion au Palais des Congrès de Niamey. Après environ une semaine de hauts et de bas, les pourparlers vont véritablement commencer.

Mais depuis le retour du médiateur de la CEDEAO, le dialogue inclusif inter-nigérien coince. Le MPRR, par la voie de son porte-parole Amadou Djibo Ali dit Max, reste inflexible sur le respect des acquis de la 6ème République. Pour lui, il n’est pas question d’engager des discussions sur le référendum et la constitution du 18 août 2010. Selon le chef de la délégation Amadou Boubacar Cissé, la CFDR qui a abandonné sa revendication d’un retour à la 5ème République ne demande que la reconnaissance formelle de la violation de la constitution du 9 août 1999 avant de s’engager véritablement dans le dialogue.

Les nouvelles propositions de sortie de crise faites par le Médiateur de la CEDEAO n’ont pas jusqu’ici rencontré l’assentiment total des deux protagonistes.

La communauté internationale fonde l’espoir sur la médiation ouest africaine, l’ancien général nigérian n’arrive pas à accorder les violons des protagonistes de la crise pour engager véritablement les débats et faire si possible un compromis.

En dépit du peu d’espoir que le dialogue suscite chez les Nigériens, les propos de Tandja qui a ‘’égorgé le mouton’’ et priait tous les autres Nigériens à regagner le bercail pour se consacrer au travail, lors de l’escale du président sénégalais Wade, sont apparus comme un coup de dur sur la tentative de la sortie de crise et ont laissé plus d’un citoyen perplexe.

A la sortie du chef de l’Etat sur les ondes de la BBC à la veille de l’arrivée du Médiateur de la CEDEAO pour la reprise du dialogue, certains observateurs se sont demandés sur l’utilité ou la nécessité du retour de Abdul Salami Abubacar à Niamey.

Mais c’est sans connaître qu’il a une mission à accomplir : celle de présenter quelque chose à la CEDEAO dont le sommet se tiendra dans une semaine à Abuja.

Compromis ou statu quo, il présentera son rapport aux chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO qui se réuniront dans la capitale nigériane le 18 février prochain et qui auront à dire leur dernier mot sur la suite à réserver à notre pays. L’Union européenne (UA) qui a accordé un sursis de 120 jours pour le Niger, depuis la rencontre du 8 décembre 2009 de Bruxelles, compte également sur la médiation de la CEDEAO. Il ne reste que deux mois pour que l’UA rencontre de nouveau le pouvoir de Niamey pour lui faire part de l’évolution de la situation et engager des discussions sur l’article 16 du protocole de Cotonou.                                                           M.A

Paru dans Actualité N°26

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