Fait divers Des épines pour sa mère, des roses pour son « Valentin »


Pour son amour, Zara est prête à toutes les folies du monde. De la folie, elle va en commettre la nuit du 13 au 14 février 2010. De la poussière et des épines pour sa mère ; de la tendresse et des roses pour son Valentin. Récit d’une folle nuit amoureuse…

Nous sommes le 13 février 2010, dans un coin périphérique du quartier Karadjé (commune V de Niamey), dans les environs de 21 h. Dans le brouhaha de cette nuit agitée par les anges de l’amour et les diables de la délinquance, un monde fou était amassé devant une porte en tôle d’une petite maison en banco. On aurait dit une bagarre. C’en était une, mais elle était vraiment spéciale. Quand donc aux premières heures chaudes de l’altercation, les voisins accoururent pour s’interposer, trop tard ; le médecin après la mort, comme le dirait l’autre. L’irréparable s’est déjà produit. La mère de Zara était là, par terre, haletanet, se tordant de douleur, une grosse épine avait transpercé en profondeur sa main gauche. Qui a mis la vieille dans cet état ? Zara n’a pas attendu qu’on lui pose cette question qu’elle a commencé à se défendre : « Je l’ai poussée un peu et elle est tombée. Je ne l’ai pas fait exprès ». Zara disait-elle la vérité ? Sa mère, dépassée par les événements, la tête couverte de honte, s’est abstenue de dire mot. Comment en est-on arrivé là ? Selon la version de Zara, sa maman ne cessait de la harceler à propos de ses relations avec son homme. La vieille ne veut pas de ce mec brutal qui sort avec sa fille presque tous les jours et qui ne la ramène qu’à une heure tardive. Et gare à Zara, si elle ose contredire son amoureux. Ce dernier ne se gêne pas à la brutaliser sous les regards curieux et moqueurs des habitants du quartier. Voilà en fait pourquoi la mère ne veut pas de son beau fils, ce beau fils qui couvre sa fille de ridicule. Mais comme il est difficile de résister à l’appel du cœur, malheur à la vieille quand elle a voulu s’en prendre ouvertement au Valentin de sa fille. Ce qui ne devrait jamais arriver arriva. Et Zara n’a même pas attendu de voir sa mère retrouver le bon souffle qu’elle s’est embarquée avec son « coq » pour une nuit en rose ou disons en rouge, ou les deux à la fois. La testostérone ne pardonne pas.               O.K

Paru dans le Canard Déchaîné N°415

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