Coup d’Etat au Niger : L’histoire se répète


Beaucoup l’ont prédit. Face à la situation politique qui se dessinait, depuis le référendum controversé du 4 août 2009, les militaires risquaient de faire irruption sur la scène politique. C’est chose faite face à l’intransigeance de Tandja et l’attitude des refondateurs qui voulaient «manger seuls». La tension montait. Opposition et pouvoir s’entredéchiraient. Déjà à la veille du scrutin référendaire, la situation a été complètement dégradée au point où on craignait des éventuels affrontements entre les deux parties. Mais voilà que face à cette situation, l’armée décide de prendre, une fois de plus, ses responsabilités après dix ans de démocratie apaisée. Le 15 avril 1974, le Colonel Seini Kountché chasse le président Hamani Diori du pouvoir. Le 16 janvier 1996, le Colonel Ibrahim Baré Mainassara fait un coup contre le premier président démocratiquement élu Mahamane Ousmane. Le 9 avril 1999, le chef d’escadron Daouda Mallam Wanké destitue le président Baré. Encore dix après, le chef d’escadron Salou Djibo usurpa le pouvoir de la main du soldat Tandja qui fut un coup d’État civil au président Mamadou.

Tandja sort par la petite porte

Depuis l’annonce de l’entreprise tazartché, le président Tandja a été interpellé de toute part. L’opposition et la communauté internationale n’ont pas hésité à déconseiller le chef de l’Etat sur son aventure périlleuse. Tous ces gens veulent qu’il finisse dans la dignité et qu’il sorte par la grande porte. Appuyé par les démons de la refondation et les opportunistes de tout acabit, le président sauveur fera sourde oreille à l’appel. Il ne voyait que le «Niger émergent» du patron planétaire du plagiat Nouhou Arzika. Il tourne le dos aux partenaires traditionnels de notre pays, ne regardant que la Chine. Mais tous ces individus réduits à leur plus simple expression ne voient que les retombées de leur combat malsain. Peu importe ce qui adviendra. Ils créent des situations et compliquent davantage le climat pas du tout serein que vivait le pays. Le maintien de la crise les arrange plus qu’un consensus entre les Nigériens. Face à la rigidité de leur position, ce qui va arriver arriva. Tandja, et avec lui sa tue-tête, fut débarqué. Il a préféré passer par la petite porte que lui a ouvert la junte militaire.

Fantôme ou résurrection du mouton de Tandja ?

Le mouton de Tandja a-t-il ressuscité ou c’est son fantôme ? C’est la question qui défraie la chronique depuis l’irruption des militaires dans l’arène politique nationale. C’est en début de ce mois que le président Tandja Mamadou a annoncé l’irréversibilité de sa 6ème république. Lors d’une escale du président sénégalais Abdoulaye Wade, de retour d’Addis Abeba où a eu lieu le sommet de l’Union africaine, le président Tandja a, en langue haoussa, annoncé avoir égorgé le mouton, faisant allusion à la 5ème République. Pour lui, il n’était plus question de revenir ou de passer à une autre république. Et la suite confirmera aux Nigériens la volonté de Tandja. Le dialogue inter-nigérien sous l’égide du médiateur de la CEDEAO va totalement échouer. L’espace communautaire décidait de maintenir la sanction et renforcer la médiation dont il exhorte davantage les deux parties en conflit au compromis. Du retour d’Abuja où s’est tenu le 37ème sommet de la CEDEAO, les protagonistes accentuent le ton. Et deux jours avant la réunion des chefs d’Etat, la CFDR a demandé une re-mobilisation des troupes et leur préparation à la lutte tandis que les refondateurs exprimaient leur désir de contrecarrer les «insurgés de la 6ème république» que Nouhou Arzika voulait voir dans la «poubelle de l’histoire». C’est dans ce contexte tendu que l’armée a mis fin à la guéguerre. Le mouton égorgé par Tandja a soit ressuscité, soit il fait fantôme ou bien encore la junte militaire a acheté un nouveau mouton que l’ancien chef de l’Etat ne peut en aucune façon encore égorger.

Fin du bal des opportunistes

L’avènement de la 6ème république a été couronné par l’émergence des opportunistes de tout acabit qui annonçaient la messe sur le cadavre Niger. Partis politiques, organisations de la société civile autres mafieux courraient de tous les sens pour participer au bal de vautours. Plusieurs mouvements favorables à la refondation furent créés, ressassant au quotidien leur sentiment de patriotisme déguisé. Parmi ces «ventrocrates», beaucoup ont profité de la «tandjacratie» pour s’acheter villas, voitures et beaux habits. C’est la seule récompense à avoir. Mais à l’avenir, ils n’auront que le mépris, l’indignation et le sentiment d’avoir trahi le peuple au nom duquel ils ont prétendu avoir commis leur forfait. Le prix à payer sera leur poursuite devant le tribunal de l’histoire, du moins le tribunal tout court, car l’histoire les a déjà rattrapés. Avec le putsch des militaires, finies donc les insultes, l’attribution des frais de déclarations, les commissions sur les permis miniers et autres basses manoeuvres.

Un répit pour ‘’l’autre peuple’’

Depuis le 18 février dernier, «l’autre peuple» a trouvé du répit face aux multiples frustrations qui lui provenaient de télé tazartché depuis le déclenchement du projet funeste du président de la République Tandja Mamadou. Aujourd’hui, on n’entend plus les déclarations injurieuses du «peuple» de Tandja à l’égard du peuple à qui on a confisqué la souveraineté. Ce peuple dont seuls Nouhou Arzika, le refondateur en chef, Ben Omar le grand caméléon politique, Jules Ouguet le prisonnier de Tandja…, ont le secret. Ce peuple qui, dans l’histoire politique, n’a jamais donné autant de suffrages à un élu que pendant la 6ème république. Retournement de la situation, c’est aujourd’hui l’autre peuple qui fait la pluie et le beau temps sur Télé Sahel.

Rassemblés par Mamane Abdou

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