Lutte contre le mensonge et la corruption Le CSRD doit joindre l’acte à la parole


Après la délivrance, le travail. En effet plusieurs dossiers urgents attendent le Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie (CSRD) et son Président le Chef d’Escadron Salou Djibo.

Certes, le défi principal de la junte, pour lequel, elle a justifié le renversement du régime illégal de Mamadou Tandja, est de restaurer la démocratie nigérienne mise sens dessus sens dessous avec l’avènement de la 6ème République, mais comme le dit l’adage, impossible de faire des omelettes sans casser les yeux. Si l’on veut que la démocratie nigérienne soit débarrassée à jamais de la gangrène, il faut assainir les finances publiques et moraliser l’administration en donnant l’exemple, en quelque sorte battre les morts pour faire peur aux vivants. Des affaires scabreuses et des dossiers sales, il y en a de quoi occuper toute la durée de la transition pour justement bien accompagner la marche vers la République démocratique nouvelle. Parmi les plus récentes, nous pouvons citer cette affaire de classes préfabriquées dans laquelle chaque classe coûte un peu plus de 10 millions de FCFA alors que la classe en matériaux définitifs coûterait seulement environ 5 millions de FCFA. Il faut donc creuser les contours de ce marché qui ne semble pas sain.

Tout comme le CSRD se doit de creuser dans le dossier du Hadj 2009 notamment cette levée de main de caution de Jordan Aviation qui aurait fait perdre la bagatelle somme de plus de 2 milliards de FCFA au Niger.

Il y a eu beaucoup d’abus sociaux et économiques en cette courte période de la 6ème République. Cependant la fouille du CSRD ne doit pas simplement s’arrêter à la « Refondation de la République ».

Salou Djibo et ses compagnons d’armes se doivent de mener le processus de l’assainissement des mœurs publiques jusque dans la 5ème République et peut-être même un peu plus en arrière. C’est en cela qu’ils donneront un grand crédit à leur noble ambition exprimée par la voix de leur porte-parole le Colonel Goukoye Abdoulkarimou quelques minutes après leur coup d’Etat de lutter contre la corruption et le mensonge, toutes choses que l’ex Président de la République Mamadou Tandja était loin de réussir.

C’est maintenant que la vraie refondation de la République doit commencer, une refondation qui reposera sur des valeurs d’intégrité, d’efficacité, de compétence et de vérité et non sur le mensonge, l’illégalité, l’illégitimité, la corruption et la politique de deux poids deux mesures comme on l’a connu sous le règne du système « Tazartché » et ses thuriféraires. La junte doit se garder du sentimentalisme du genre « il faut savoir pardonner ».

Mais en commettant leurs forfaitures, est-ce les contrevenants ont, un seul instant, penser au Niger, à leur pays et aux manques à gagner qu’ils causaient au trésor public.                                                                                   Ali Soumana

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