Mise en concession de l’OCBN : Une opération aux contours flous


Le 1er février dernier, une importante délégation du gouvernement béninois conduite par le Ministre d’Etat béninois Pascal Iréné Koupaki a effectué une visite de travail au Niger. La délégation qui a rencontré les autorités politiques a notamment été reçue en audience par le chef de l’Etat du Niger Tandja Mamadou ainsi que le Premier Ministre nigérien Ali Badjo Gamatié.

Au centre des échanges entre les personnalités politiques du Bénin et du Niger, plusieurs points de coopération ont été évoqués et surtout un point d’intérêt particulier : la mise en concession pour la gestion des activités du trafic ferroviaire au sein de l’Organisation Commune Bénin – Niger (OCBN). Il faut dire que depuis quelques temps, l’office connaît un ralentissement drastique de ses activités. Les deux Etats, le Bénin et le Niger avaient lancé des réflexions pour redonner du tonus aux activités de l’OCBN, avec en point de mire une reprise du trafic ferroviaire liée au boom minier du Niger.

Lors de son séjour à Niamey, la délégation béninoise avait soumis au gouvernement nigérien le projet de mise en concession de la gestion de l’OCBN. Du côté béninois, les réflexions étaient très avancées sur la question et la partie nigérienne avait demandé un moratoire de deux mois pour étudier la question. Les choses sont très avancées et il faut dire qu’elles vont très vite pour la partie béninoise qui est pressée de mener rondement le processus de mise en concession de l’OCBN. Le plan de mise en concession devait s’effectuer entre deux parties, d’un côté le Niger et le Bénin qui jusque-là géraient conjointement l’office de l’OCBN, de l’autre le concessionnaire, c’est-à-dire la nouvelle structure de gestion. Quelques jours seulement après la mission de Niamey, le gouvernement béninois semble mettre les bouchées doubles pour boucler le processus. Par une note du 9 février dernier, frappée de la mention ‘’confidentiel’’ le Ministre béninois chargé des transports a instruit le Directeur Général de l’OCBN de préparer le transfert de la gestion de l’office à un privé. Le Bénin semble avoir déjà bouclé l’opération. Sans la moindre procédure d’ouverture d’appel d’offres, une entité privée a été retenue pour prendre la gestion du trafic ferroviaire de l’OCBN : la PIC Network Limited, une société basée à l’Ile Maurice, mais qui serait aussi une société indienne. Les choses semblent pour l’instant provoquer quelques grincements des dents surtout du côté du personnel nigérien de l’OCBN qui a tiré la sonnette d’alarme sur ce qu’il a qualifié d’opération mafieuse. Dans une correspondance adressée au Ministre nigérien des transports, le syndicat des cheminots nigériens à l’OCBN a parlé du choix d’un concessionnaire aux qualités douteuses. Derrière la PIC Network Limited se cache en effet un opérateur économique privé béninois qui a déjà échoué à reprendre l’OCBN à travers une autre structure la Pétrolin Trading Limited. «Tout porte à croire que le point de vue de la partie nigérienne intéresse très peu la partie béninoise », a indiqué le collectif des cheminots nigériens dans une récente correspondance adressée au Ministre des transports et de l’aviation civile.

Pour l’instant, on annonce que le document du protocole de mise en concession de l’OCBN va très bientôt être soumis à la signature des autorités gouvernementales du Niger. Il faut dire que le processus devrait être bouclé courant cette semaine. N’eut été bien entendu le renversement du pouvoir intervenu à Niamey le jeudi 18 février dernier. La gestion de cette affaire de l’OCBN sera peut être le premier acte du futur gouvernement de transition du CSRD. Pour la partie nigérienne, ce sont en tout cas 4 responsables gouvernementaux qui vont trouver le document de mise en concession de l’OCBN sur leurs tables à savoir le Premier Ministre, le Ministre de l’économie et des finances, le Ministre de la justice et le Ministre des transports.

Ibrahim Elhadj dit Hima

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