Niger : Les barons de la 6e République


De son élection en 1999 jusqu’au 18 février 2010, date du coup d’Etat fomenté par le Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie (CSRD) mettant ainsi fin à la 6e République, Tandja Mamadou, a modulé, par le billet d’actes irréguliers et illégitimes le paysage politique Nigérien.

Pour commencer, il a forcé à la démission son fidèle lieutenant et dauphin présenté, Hama Amadou, du poste prestigieux de Premier ministre, puis il l’enverra à la Prison de Haute Sécurité de Koutoukalé.

Ensuite, il a poursuivi de sa hargne son ex-allié, Mahamane Ousmane, ex-président de l’Assemblée Nationale dont le seul tort est d’avoir refusé de cautionner le «Tazartché».

Enfin, il a tenté, par le biais de mille et un artifices politico juridiques d’en finir avec le très charismatique leader de l’opposition Mahamadou Issoufou.

Pendant cette période, des voix officielles n’ont cessé de traîner ces personnalités dans la boue, les traitant de tous les noms d’oiseaux. Des officines parallèles à l’exemple du fameux Mouvement Patriotique pour la Refondation de la République (MPRR), vont ajouter leurs élucubrations à la surenchère. Si pour nombre d’observateurs politiques Hama Amadou et l’opposition ont échoué par naïveté et/ou incapacité à prévoir les coups fourrés de l’ex-colonel des FAN, quant à la société civile, on peut dire qu’elle a toujours été responsable pour avoir dénoncé à travers ses multiples interventions depuis 1999, tous les travers des gouvernants des régimes successif des 5e et 6e Républiques. Parmi ceux-ci, il y a des membres du gouvernement, des responsables administratifs, des leaders des organisations de la société civile, des commerçants et des hommes d’affaires. Ils sont les barons de la 6e République. Pour la petite idée, étudions les cas par cas.

Les intouchables de la 6e République

S’il y a un événement que les nigériens dans leur immense majorité ont accueilli favorablement. C’est bien celui initié par Tandja et qui a consisté à voir clair dans la gestion des affaires publiques. Au début, les motivations ayant prévalu au déclenchement de cette opération étaient d’ordre patriotique et nationaliste. Malheureusement quelques mois plus tard, les nigériens découvriront la face cachée de cette protesque mascarade.

En effet, les grands prédateurs, ceux-là mêmes qui, pendant de très longues années, font main basse sur les derniers publics sont restés impunis. A la lumière de cette gigantesque tragi-comédie concoctée par Tandja pour amuser la galerie ; tragi-comédie pompeusement dénommée «Opération mains propres». On est en tout cas en droit de se demander si le Niger ne serait pas un repaire de grands bandits à col blanc.

Déconcertant… Oui, vraiment déconcertant !!! C’est le moins que l’on puisse dire à l’examen de cette situation. On savait la 6e République, un foyer de tous genres de tensions, de compromissions et d’intrigues mais là, la chose dépasse l’entendement. En effet, il semble que certains de ces barons se sont royalement servis avant de servir l’Etat. Il faut noter en premier lieu Tandja et sa famille. Ceux-ci trônent au-dessus du lot (vous pouvez lire les révélations sur les scandales politico-financiers dans lesquelsa est impliquée la dynastie Tandja en page 3).

A ces derniers (Tandja et sa famille), il faut ajouter certains membres du gouvernement de la 6e République en l’occurrence, MM Albadé Abouba, ex-ministre d’Etat en charge de la Sécurité Publique, Bachir Yahaya ex-ministre directeur de cabinet de Tandja, Aïchatou Mindaoudou, ex-ministre des Affaires Etrangères, Lamine Zène, ex-ministre de l’Economie et des Finances, Kassoum Moctar, ex-ministre de la Communication, Cheffou Amadou, Président du RSD-Gaskia, Siddo El Hadj ex-trésorier général, El Hadj Zakou Djibo, Monsieur Foukori Ibrahim, Seyni Oumarou, etc…

Tous, d’une manière ou autre sont compromis dans l’ignoble opération dénommée Tazartché qui a consisté à apporter aide et assistance à Tandja Mamadou pour s’octroyer un bonus de 3 années au mépris des sacro-saints principes de Bonne Gouvernance.

Mais étudions les cas par cas…

Albadé Abouba, pour ceux qui ne connaissent pas bien la personnalité de celui-ci. Il n’est pas un homme tendre. Des déclarations incendiaires aux multiples menaces proférées contre des acteurs politiques et des citoyens ordinaires, il excelle dans ces genres de manœuvres. Il est le genre de personnage qui racontent tout ce qui leur passe par la tête, sans en mesurer souvent toutes les conséquences. Par ailleurs, des informations recueillies de source sûre, nous apprennent que l’homme s’est fourvoyé dans des affaires d’argent liées à la gestion de la rébellion dans le nord du pays. De plus, nous avons appris l’existence d’une autre affaire liée à une commande de matériel d’un montant d’environ 300 millions de nos francs au profit du service des cartes perforées. Ce marché, selon nos sources, a été conclu dans des conditions brumeuses. (Nous y reviendrons plus en détails dans notre prochaine livraison).

Kassoum Moctar, il a fait montre de légèreté et de naïveté. Mieux il carrément desservi son propre camp à cause de ses prises de position extrémistes qui frisent la provocation inutile et l’orgueil démesuré du parvenu.

Bachir Yahaya, ce magistrat était considéré comme l’éminence grise du Palais présidentiel qui faisait et défaisait les hommes dans l’ombre du Président Tandja. Il a mis son intelligence et sa conviction au service d’une cause à l’issue incertaine.

Aïchatou Mindaoudou, tout comme Albadé Abouba, Lamine Zène Bachir Yahaya, elle faisait partie du carré très fermé des fidèles du Président Tandja. De plus, elle était COURSIERE émérite de Mamadou Tandja (lire notre article en page 3) sur cette affaire de 5 millions de dollars ramenés de la Libye par Mindaoudou Aïchatou en 2006).

Cheiffou Amadou, s’il est un personnage énigmatique, c’est Monsieur Cheiffou Amadou, président de RSD-Gaskia et ex-président du CESOC. D’apparence discrète, ce père fouetard passe pour être une boîte à intrigues. Pour en avoir une idée, voyons à la volée les capacités de nuisance de cet gentilhomme obscur. L’OACI, de par ses textes qui la régisse, est une institution qui n’admet pas la politique en son sein. De fait, les agents qui y travaillent – les cadres notamment sont interdits de celle-ci. Et pourtant Cheiffou Amadou, lui, a choisi de faire la politique son cheval de bataille. En 1991, déjà, quant il était question de désigner un Premier ministre à la Conférence Nationale Cheiffou Amadou se fera élire grace à ses multiples complicités logées au sein des organisations politiques. Tout ceci, me direz-vous n’a rien d’extraordinaire; c’est même tout à fait normal. Soit ! Ce qui ne l’est par contre, c’est quand Cheiffou Amadou par incapacité ou cupidité s’était mis à nuire contre son pays. En effet, à peine installé, le gouvernement de transition dirigé par Cheiffou Amadou allait prendre un acte qui provoquera l’indignation natioanle. En acceptant de reconnaitre la Chine Taïwane, celui-ci a créé un véritable scandale politique. D’ailleurs l’opinion avait fait le parallele entre l’aide des 11 milliards à notre pays par les autorités de Taïpeh et une quelconque reconnaissance de la Chine nationaliste.

Si pour quelques barons, il a été beaucoup question de positionnement politique pour le prestige, il en est autrement pour d’autres qui se sont enrichis précocement.

A tout seigneur, tout honneur. Nous allons commencer par le boss des boss. L’indétrônable Foukori Ibrahim de la NIGELEC. Les nigériens se souviennent de cet anonyme diplômé de droit qui, sous la houlette de Tandja, a pu sortir de l’anonymat. La 5e République aidant, il pu grâce à ses appuis, glaner le poste, Ô stratégique de Directeur Général de la NIGELEC. Ce poste, il s’en est servi plus à son compte (ce qui a fait dire à certains qu’en fait de NIGELEC, il s’agissait plutôt de FOUKORI BUSINESS) qu’a celui de l’intérêt général. La preuve, pendant sa gestion actuelle, il se livre à un jeu de compromissions qui jure avec l’orthodoxie financière. Effronterie ? Peut-être ! Mais de l’anti-patriotisme surtout.

Ainsi Foukori Ibrahim a su jouer avec nos consciences. D’abord il fait constituer une société «Fourre-tout» dénommé SG-ESPACE-meubles à la tête de laquelle trône son fils comme Président du Conseil d’Administration. Cette société est domiciliée dans une de ses somptueuses villas sises au quartier Lacroussou, près du Stade Municipal de Niamey. Certaines commandes de la NIGELEC sont confiées à ladite société. Mieux, le même Foukori a fait construire un laboratoire d’analyses médicales répondant aux normes internationales à sa fille aînée dont le mari, un opérateur économique de la place qui a ses rentrées à la NIGELEC. Pour preuve, il a bénéficié d’un faramineux marché de centaines de millions par le passé. Mais ses dérives financières ne s’arrêteront pas là, profitant de sa position, il s’est entouré d’une multitude de commerçants et d’hommes d’affaires vereux à qui il offre des contrats juteux au mépris des règles de l’orthodoxie financière.

D’ailleurs le syndicat des employés a décrié ces fautes de gestion caractérisée dans une déclaration où il dénonçait le montant exorbitant des arriérés vis-à-vis des seuls fournisseurs de la NIGELEC, près de 8 milliards de francs CFA.

L’homme est aussi décrié par l’immense majorité des nigériens pour sa gestion chaotique relevant d’une gestion artisanale au mépris de tout bon sens.

Le deuxième baron sur cette prestigieuse liste des indétrônables est Siddo El Hadj ex-Trésorier Général et ex-député de la 6e République. Qui est réellement Siddo El Hadj ? La personnalité de l’ex- trésorier général est controversée. Enfant-chérie de Hama Amadou qui l’avait mis dans ces bonnes graces, l’homme avait été nommé alors trésorier général. Une institution prestigieuse de la République. Pourtant malgré tous ses honneurs Siddo El Hadj n’avait pas hésité un seul instant à comploter contre son mentor. Par ailleurs, il semble que pendant les dix années passées à la tête du trésor national, l’homme a amassé une fortune colossale. A preuve, son nom est cité dans plusieurs scandales politico-financiers

Le troisième baron de cette fresque royale est Zakou Djibo dit Zakey, le richissime homme d’affaires nigérien.

Cet homme est tout un monde ! Les nigériens le découvrent en 1996 pendant le régime de feu Baré Maïnassara. Tonitruant et fort en gueule, il réussit à se frayer un chemisier jusqu’au Président Baré qui l’avait mis dans ses bonnes grâces. Sur instructions de celui-ci, Zakou Djibo avait bénéficié d’une importante commande de câbles et autres appareils électroniques à la SONITEL pour un montant de plus de 500 millions de francs CFA. Les bénéfices qu’il avait réalisés seront utilisés intelligemment sur le plan politique. Il faut noter que l’homme, est d’une générosité inégalée. Grâce à ses revenus confortables, il était arrivé à s’arroger la sympathie des populations de sa région natale, Ouallam où il se faisait plébisciter à toutes les élections.

Ses détracteurs lui reprochent d’être impliqué dans plusieurs «tripatouillages» politico-financiers des 5e et 6e Républiques. Zakou Djibo a, lui aussi apporté aide et assistance à Tandja dans son entreprise démoniaque dénommée Tazartché. (Dans notre prochaine livraison nous promettons de faire d’autres révélations encore plus croustillantes sur la saga des barons de la 6e République dont entre autres M. Seyni Oumarou, ex-ministre du commerce, ministre d’Etat, Premier ministre et ex-président de l’Assemblée Nationale de la 6e République.

Monsieur Hamid Algabit, Président du RDP-Jama’a et ex-président de HCCT, Monsieur Ali Badjo Gamatié, ex-premier ministre, Monsieur Nouhou Arzika, Monsieur Yahaya Yandaka ex-gouverneur de Zinder et autres…)

une enquete de yacouba ousseini,

boubacar mizinyawa,

Djafarou Soumana.

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