Libération de cinq des six ministres : Que faut-il comprendre?

Gardés depuis le jour du putsch d’abord dans les locaux du Conseil supérieur de la communication (CSC), puis au camp militaire Bagagi Iya de Niamey, après la libération d’une vingtaine de leurs collègues, cinq des six ministres détenus du gouvernement du régime déchu du président Tandja Mamadou ont été libérés le jeudi 4 mars dernier.

Le premier ministre Ali Badjo Gamatié, le ministre de l’Economie et des Finances Mahamane Ali Lamine Zeine, le ministre de l’Equipement Lamido Moumouni Harouna, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux Garba Lompo et le ministre des Mines et de l’Energie Mohamed Abdoulaye ont été relâchés.

Une des personnalités libérées, en l’occurrence le premier ministre Gamatié qui souffrirait de tension a été évacué en France, après être admis au pavillon de la Francophonie de l’hôpital national de Niamey. Une fois de retour, sera-t-il repris ? Rien n’est moins sûr.

Il ne reste que le président de la République Tandja Mamadou et le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et la Décentralisation Albadé Abouba dans les mains des forces armées au pouvoir au Niger depuis le 18 février 2010.

C’est vrai que, actuellement, les cinq responsables relaxés sont en résidence surveillée. Ils sont même interdits de visite. Mais que faut-il comprendre par leur libération ? La junte veut-elle rassurer la communauté internationale et les partenaires du Niger ? Il n’est pas exclu en cette période où le spectre de la famine plane que le CSRD ait besoin de l’appui extérieur pour relever le défi. Ce qui est sûr, le CSRD évolue en rassurant l’opinion nationale et internationale. Dans son premier message à la nation, le chef de l’Etat a même rassuré que le CSRD veillera au respect des droits de l’homme.

Selon le porte-parole du Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD) le colonel Abdoul Karim Goukoye, les six personnalités, plus le président Tandja, sont gardées pour avoir occupé des «postes clé» dans l’ancien régime. Une autre raison de leur détention avancée par la junte, les ministres détenus le sont pour des raisons de sécurité. Est-ce la même chose avec le président Tandja et son ministre Albadé ? On n’en sait rien.

Toujours est-il que, très proche du président déchu Tandja et patron de la force répressive, Albadé a, avec ses troupes, réprimé les manifestations de l’opposition et réussi à asseoir la refondation. Derrière le président Tandja depuis la nuit des temps, Abouba Albadé détient également beaucoup de secrets sur la gestion du pays, notamment le dossier de sécurité sur lequel la junte militaire pourrait souhaiter voir clair.

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Interruption de la gratuité des soins : Une fausse alerte

Après la chute brutale de Tandja renversé le 18 février dernier par les forces de défense et de sécurité (FDS), ses partisans cherchent par tous les moyens à semer le doute et le désarroi dans l’esprit des populations. Comme c’est durant son règne que la gratuité des soins au profit des enfants de 0 à 5 ans et aux femmes enceinte et allaitantes ainsi que de la césarienne a été instituée dans les formations sanitaires, certains d’entre eux ont vite fait de répandre l’information que le robinet désormais est fermé.

Tandja qui prend en charge personnellement les coûts liés à ces gratuités, comme on l’a toujours laissé entendre, n’étant plus au pouvoir, les responsables des formations sanitaires ont décidé d’arrêter les prestations. Ce qui est totalement faux. La gratuité se poursuit car c’est une nouvelle politique de santé publique édictée par les partenaires au développement actifs dans le domaine sanitaire.

Elle n’est pas une trouvaille de Tandja contrairement à ce qui se racontait et les ressources financières pour y faire face ne proviennent pas des poches du président déchu. C’est avec les fonds mobilisés grâce à l’Initiative Pays pauvres très endettés (PPTE) que la gratuité est mise en œuvre comme d’ailleurs toutes les autres réalisations du fameux Programme spécial de Tandja. Tant que le Niger continuera de bénéficier de cette faveur accordée par les partenaires au développement, il n’y a aucune raison pouvant justifier l’arrêt de la gratuité. D’autant plus qu’un dispositif technique est là pour assurer poursuite, l’Etat étant une continuité.

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Après la fin de l’aventure tazartché: Certains chefs traditionnels doivent s’amender

Les partis politiques membres de la CFDR qui combattaient le funeste tazartché de l’ex-colonel Mamadou Tandja, sont très remontés contre certains chefs traditionnels qui avaient pris faits et causes pour celui qu’ils considéraient comme leur bienfaiteur.

Ainsi dans l’histoire récente du Niger, on a vu des chefs traditionnels assister à des manifestations politiques, prendre la parole au cours des meetings de soutien à Mamadou Tandja qui voulait de son bonus de trois ans.

Ces chefs traditionnels sont sortis aux côtés des gouverneurs et préfets dire à leurs sujets ou plutôt à ceux qu’ils considèrent comme tels, ils ont bénéficié des largesses du pouvoir d’antan qui a pris l’engagement de faire d’eux des salariés. Le ministre de l’intérieur d’antan, Abouba Albadé a bataillé pour avoir presque tous les chefs traditionnels – à l’exception d’une minorité – dans sa poche.

A part les émoulements et certains avantages, on a procédé à la réfection de certains palais et autres résidences. Tandja et ses amis ne lésinaient pas sur les moyens pour faire de l’association des chefs traditionnels leur chose.

Les membres du bureau étaient de toutes les manifestations politiques et certains faisaient partie des membres de la délégation gouvernementale aux négociations avec l’opposition sous l’égide de la CEDEAO. Ils avaient aussi été chargés de faire comprendre à certains de nos voisins que c’est le peuple dont ils sont les dirigeants qui a voulu que Mamadou Tandja reste pour finaliser ses chantiers. Ce qui était évidemment faux. Cela n’empêche, nos honorables chefs se sont tellement compromis avec le régime en place que des manifestants s’en sont pris au palais de l’un deux qui ne cachait pas son militantisme pour la cause de Tandja alors même la majorité de « ses sujets » étaient contre le Tazartché. Qu’à cela ne tienne, dans d’autres localités, on a vu des chefs se mettre à la tête des manifestants pro-tazartché alors même il est connu de tous que la grande majorité des populations locales est acquise à la cause de l’opposition. Il n’est pas nécessaire de citer des noms des localités où des chefs aux intestins fragiles ont sévi, ils sont connus de tous.

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La refondation et les sales dossiers miniers Il était une fois Ibrahim Hamidou, Hadia Toulaye Tandja

Ils sont inquiets, très inquiets même les Tazartchistes. Hier, c’est le petit Moctar Kassoum, représentant de la jeunesse de la « Refondation » qui a montré son nez sur les écrans des télévisions privées de la place, histoire de remonter en selle. Peine perdue. Auparavant, ce fut Ibrahim Hamidou qui était monté au créneau, dans un dernier sursaut, pour tenter de remuer le couteau dans la plaie. Et cette réapparition du Directeur de Publication de « Tribune du Peuple » de rappeler à notre souvenir les sales dossiers miniers dans lesquels il est trempé jusqu’au cou avec un des enfants de Mamadou Tandja, le nommé Hadia Toulaye.

Laissez mouton courir, Tabaski viendra, dit l’adage. Voyons voir ces casseroles qui traîne Ibrahim Hamidou…

Il s’agit deux (2) affaires de gros sous révélées dans la presse dans laquelle est trempée le Directeur de Publication du journal « Tribune du Peuple » Ibrahim Hamidou et le nommé Hadia Toulaye Tandja. Tenez, la première affaire se passe au sein de la Société Anonyme dénommée « NIGER URANIUM Ventures Sa constituée par trois actionnaires : ARICA RESSOURCES S.A ayant son siège social à Perth en Australie représentée par Monsieur AGBOATI KODJO PAUL, MULTIMEDIA ET COMMUNICATION représentée par le très tazartchiste IBRAHIM HAMIDOU et un troisième actionnaire en la personne d’un autre KODJO PAUL (très probablement un membre de la famille du KODJO PAUL cité un peu plus haut). Suivez nous pour comprendre bien l’arnaque. AGBOATI KODJO PAUL de AFRICA RESSOURCES succombe sous le charme de IBRAHIM HAMIDOU de MULTIMEDIA ET COMMUNICATION et lui attribue 25% des actions souscrites dans le capital de NIGER URANIUM Ventures Sa et 5 millions USD (environ 2 milliards de FCFA). Puis comme par enchantement tombe « Alice au pays des merveilles ». Alice ici s’appelle HADIA TOULAYE TANDJA à qui doit revenir obligatoirement 50% des 25% des actions et des 5 millions US attribués à IBRAHIM HAMIDOU. Ce n’est pas fini. L’affairisme va continuer. MULTIMEDIA COMMUNICATION SARL donc IBRAHIM HAMIDOU cède 150 de ses parts sociales qu’il a dans AFRICAN URANIUM SARL à BRINKLEY MINING PROJECT 7 LIMITED pour une valeur d’un montant qui s’élève à 4 millions USD. Et cette fois encore, Monsieur 50% à savoir HADIA TOULAYE TANDJA s’en sort avec 2 millions USD. Et comble d’amateurisme, les papiers ont été signés le même jour c’est-à-dire le 23 janvier 2008.

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Ali Badjo Gamatié évacué en France Maladie réelle ou simulacre d’évasion ?

Du pavillon de la Francophonie sis dans l’enceinte de l’Hôpital National de Niamey où il séjournait depuis son évacuation le jeudi 4 mars dernier, l’ancien locataire de la primature, Ali Badjo Gamatié a été transféré en France pour subir des soins plus appropriés. De quoi souffre le « bakin nassara » de la « Refondation de la République » ?

Nous ne le savons pas pour le moment. Est-il vraiment malade à ce point ? Nombreux sont les Nigériens qui en doutent et pour lesquels, cette maladie n’est qu’une astuce pour Ali Badjo Gamatié de filer douce pour échapper à la moralisation qu’envisage le Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie. N’oublions pas que Gamatié était avant sa nomination en tant Premier Ministre de la « Refondation » Conseil Spécial du Président de la République pour les questions minières. Il avait aussi assumé la lourde responsabilité de Ministre de l’Economie et des Finances durant le premier mandat de Mamadou Tandja, un passage critiquée et décriée par l’opposition de l’époque. N’oublions pas aussi qu’il est l’une des pièces maîtresses de l’affaire dite fonds d’aide à la presse 2001 qui vu l’incarcération de l’ancien Premier Ministre Hama Amadou à la prison de haute de sécurité de Koutoukalé pendant environ 10 mois. Ali Badjo Gamatié a des raisons pour disparaître et se faire oublier.

Paru dans Le Courrier N°95

Refondation et affairisme Salou Djibo, voisin de Gamatié ou d’AREVA ?

Depuis le coup d’Etat du 18 février 2010 qui a mis fin à la 6ème République fortement contestée de Mamadou Tandja, les spéculations vont bon train sur le degré d’implication des barons du régime précédent dans l’avènement de ce qui a été appelé pompeusement la « Refondation de la République ».

Mais mieux, on spécule sur une forte prédation des finances publiques, d’intérêts égoïstes et personnels érigés en mode de gestion des affaires de l’Etat durant la courte et malheureuse vie de la 6ème République. Quand bien même, certains comme le Premier Ministre sortant Ali Badjo Gamatié se défendraient avec bec et ongles d’avoir pris le train de la « Refondation » au dernier virage du « Tazartché », ils ne peuvent être disculpés de manquements graves qui pèsent sur le régime illégal, illégitime et impopulaire de Mamadou Tandja. Un adage bien connu chez nous dit : un voleur de 100 F est un malfrat au même titre qu’un voleur de 100 millions F.

Revenons au cas de Gamatié pour constater que sa conversion au «Tazartché » ne date pas de son accession à la primature. Avant sa nomination comme 1er Premier Ministre de la République refondée, Ali Badjo Gamatié était conseiller spécial du Président Mamadou Tandja pour les questions minières (Voir en fac similé le décret N°2007-384/PRN du 12 septembre 2007 qui fait de lui conseiller spécial du Président de la République chargé des négociations relatives aux ressources minières et pétrolières.

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NIGELEC Les dossiers sales de Foukori Ibrahim

S’il y a une société d’Etat dont la gestion a fait couler beaucoup d’encre et de salive, c’est bien la Société Nigérienne d’Electricité (NIGELEC) dirigé par Foukori Ibrahim. On se souvient de la guéguerre entre la NIGELEC et la Communauté Urbaine de Niamey du temps de Aboubacar Saïdou Ganda.

On se souvient également de la résistance de Foukori face à la décision de justice réhabilitant le Secrétaire Général du Syndicat National des Travailleurs de l’Energie (SYNTRAVE), Djamio Elhadji Yacouba. Récemment encore, la NIGELEC était au centre des spéculations relativement au recrutement d’un cadre dans des conditions très suspectes. Hier comme aujourd’hui, on doute de la capacité de la NIGELEC à assurer l’indépendance énergétique du pays eu égard aux coupures intempestives d’électricité en dépit des énormes moyens techniques et financiers consentis par l’Etat et la société elle-même.

Passons au peigne fin la gestion de la NIGELEC au temps de Foukouri, ou disons voilà ce que nous savons : 1,5 millions de dollars US, c’est la somme que la NIGELEC paye chaque mois à son principal fournisseur (La NEPA du Nigeria) à raison de 20 FCFA le Kilowatt. La NIGELEC, à son tour, concède le Kilowatt à ses clients à 80 FCFA, soit un bénéfice brut de 60 FCFA par Kilowatt. Pour le néophyte doté d’un bon sens, il y a là de quoi pour la NIGELEC de faire des bonnes affaires, si bien sûr, elle trouve à sa tête un bon gestionnaire. Le Programme Spécial du Président de la République va venir chambouler la gestion de la Nigérienne d’Electricité. Pour aider le Président Tandja dans son populisme, la NIGELEC aurait investi près de 60 milliards de FCFA. Pour couvrir la dépense liée au Programme Spécial, elle a dû recourir à des prêts (15 milliards de FCFA auprès de la BOAD, 6 milliards auprès de la BOA, 4 milliards auprès de l’ECOBANK et un crédit spot de 2 milliards contractés auprès de la Banque Atlantique), le restant déboursé sur fonds propres. Pour faire face à la demande de plus en plus croissante en électricité, elle aurait également contracté un autre crédit dit crédit indien de près de 2 millions de dollars US pour acheter des turbines (groupes de grande capacité de production d’énergie électrique). Selon certaines sources, il s’agirait des turbines d’occasion.

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