Après la fin de l’aventure tazartché: Certains chefs traditionnels doivent s’amender


Les partis politiques membres de la CFDR qui combattaient le funeste tazartché de l’ex-colonel Mamadou Tandja, sont très remontés contre certains chefs traditionnels qui avaient pris faits et causes pour celui qu’ils considéraient comme leur bienfaiteur.

Ainsi dans l’histoire récente du Niger, on a vu des chefs traditionnels assister à des manifestations politiques, prendre la parole au cours des meetings de soutien à Mamadou Tandja qui voulait de son bonus de trois ans.

Ces chefs traditionnels sont sortis aux côtés des gouverneurs et préfets dire à leurs sujets ou plutôt à ceux qu’ils considèrent comme tels, ils ont bénéficié des largesses du pouvoir d’antan qui a pris l’engagement de faire d’eux des salariés. Le ministre de l’intérieur d’antan, Abouba Albadé a bataillé pour avoir presque tous les chefs traditionnels – à l’exception d’une minorité – dans sa poche.

A part les émoulements et certains avantages, on a procédé à la réfection de certains palais et autres résidences. Tandja et ses amis ne lésinaient pas sur les moyens pour faire de l’association des chefs traditionnels leur chose.

Les membres du bureau étaient de toutes les manifestations politiques et certains faisaient partie des membres de la délégation gouvernementale aux négociations avec l’opposition sous l’égide de la CEDEAO. Ils avaient aussi été chargés de faire comprendre à certains de nos voisins que c’est le peuple dont ils sont les dirigeants qui a voulu que Mamadou Tandja reste pour finaliser ses chantiers. Ce qui était évidemment faux. Cela n’empêche, nos honorables chefs se sont tellement compromis avec le régime en place que des manifestants s’en sont pris au palais de l’un deux qui ne cachait pas son militantisme pour la cause de Tandja alors même la majorité de « ses sujets » étaient contre le Tazartché. Qu’à cela ne tienne, dans d’autres localités, on a vu des chefs se mettre à la tête des manifestants pro-tazartché alors même il est connu de tous que la grande majorité des populations locales est acquise à la cause de l’opposition. Il n’est pas nécessaire de citer des noms des localités où des chefs aux intestins fragiles ont sévi, ils sont connus de tous.

Aujourd’hui, face à ce que l’on appelle collision des chefs traditionnels avec le pouvoir de Tandja, beaucoup de ces chefs n’ont plus la considération et le respect auxquels ils devraient s’attendre auprès de leurs administrés. Ce n’est d’ailleurs pas pour la première fois dans l’histoire du Niger, que les chefs se compromettent avec les autorités politiques en place.

Déjà à la pénétration coloniale, on a vu des chefs prendre partie en faveur des envahisseurs alors que dans d’autres contrées, des chefs vont combattre les colonisateurs. On parle encore de Kaocen, Issa Korombé, Amadou Dan Bassa, Saraounia Mangou…

Après l’indépendance, ceux qui collaboraient avec l’administration coloniale ont proposé leurs services aux nouvelles autorités politiques. On les verra dans les structures du parti unique et certains occuperont même des postes ministériels en même temps qu’ils assumaient le rôle de chefs traditionnels.

Le coup d’Etat du 15 avril 1974 ne changera pas grand-chose à leur tentation à servir les nouveaux maîtres du pays. Ils joueront le même rôle avec pratiquement tous les régimes qui se sont succédés. Et le top niveau sera atteint avec les velléités de Mamadou Tandja et son clan de se maintenir coûte que coûte au pouvoir.

Pour se faire, il fallait instrumentaliser les chefs qui deviendront des véritables porte voix de ceux qui perpétreront le coup d’Etat du 4 août 2009. Ce ne sont pas tous les chefs qui, fort heureusement, se sont lancés dans l’aventure sans lendemains que fut le Tazartché.

Pour ceux qui se sont laissés embarquer, auront du mal à retrouver la respectabilité qui était la leur. En fait, pourquoi nos chefs traditionnels ne se réuniraient pas pour se parler entre eux et également donner l’occasion à d’autres de leur dire certaines vérités. Dans tous les cas, c’est le passageobligé pour qu’ils redorent leur blason, terni par l’appétit de certains d’entre eux.

A.T.S

Paru dans Actualité N°30

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