Interruption de la gratuité des soins : Une fausse alerte


Après la chute brutale de Tandja renversé le 18 février dernier par les forces de défense et de sécurité (FDS), ses partisans cherchent par tous les moyens à semer le doute et le désarroi dans l’esprit des populations. Comme c’est durant son règne que la gratuité des soins au profit des enfants de 0 à 5 ans et aux femmes enceinte et allaitantes ainsi que de la césarienne a été instituée dans les formations sanitaires, certains d’entre eux ont vite fait de répandre l’information que le robinet désormais est fermé.

Tandja qui prend en charge personnellement les coûts liés à ces gratuités, comme on l’a toujours laissé entendre, n’étant plus au pouvoir, les responsables des formations sanitaires ont décidé d’arrêter les prestations. Ce qui est totalement faux. La gratuité se poursuit car c’est une nouvelle politique de santé publique édictée par les partenaires au développement actifs dans le domaine sanitaire.

Elle n’est pas une trouvaille de Tandja contrairement à ce qui se racontait et les ressources financières pour y faire face ne proviennent pas des poches du président déchu. C’est avec les fonds mobilisés grâce à l’Initiative Pays pauvres très endettés (PPTE) que la gratuité est mise en œuvre comme d’ailleurs toutes les autres réalisations du fameux Programme spécial de Tandja. Tant que le Niger continuera de bénéficier de cette faveur accordée par les partenaires au développement, il n’y a aucune raison pouvant justifier l’arrêt de la gratuité. D’autant plus qu’un dispositif technique est là pour assurer poursuite, l’Etat étant une continuité.

C’est pourquoi les nouvelles autorités de la transition ont intérêt à veiller à la poursuite normale de toutes les actions sociales salvatrices mises en œuvre ces dernières années dans notre pays que certains lient à la personne de Tandja. Mieux elles doivent diligenter un audit indépendant par rapport à la gestion des fonds PPTE pour voir si les milliards de francs CFA injectés depuis 2003 dans le Programme spécial ont respecté les principes sacro-saints de l’orthodoxie en matière de dépenses publiques.

Cette investigation est d’autant plus indispensable que les fonds PPTE ont été gérés de façon patrimoniale. Les affectations des ressources à tel ou tel secteur étaient à la seule discrétion de Tandja qui s’était entouré d’une pléthore de conseillers pour la circonstance. Ailleurs, notamment dans certains pays de la sous région bénéficiaires de l’initiative comme le Niger, les ressources financières ont été directement gérées par les gouvernements.

Et les résultats obtenus dans les différents secteurs où l’argent a été investi n’ont rien à envier à ceux du Niger. C’est pour toutes ces raisons et tant d’autres qu’il faut faire la lumière sur la gestion du Programme spécial.

S. Djibrilla

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