NIGELEC Les dossiers sales de Foukori Ibrahim


S’il y a une société d’Etat dont la gestion a fait couler beaucoup d’encre et de salive, c’est bien la Société Nigérienne d’Electricité (NIGELEC) dirigé par Foukori Ibrahim. On se souvient de la guéguerre entre la NIGELEC et la Communauté Urbaine de Niamey du temps de Aboubacar Saïdou Ganda.

On se souvient également de la résistance de Foukori face à la décision de justice réhabilitant le Secrétaire Général du Syndicat National des Travailleurs de l’Energie (SYNTRAVE), Djamio Elhadji Yacouba. Récemment encore, la NIGELEC était au centre des spéculations relativement au recrutement d’un cadre dans des conditions très suspectes. Hier comme aujourd’hui, on doute de la capacité de la NIGELEC à assurer l’indépendance énergétique du pays eu égard aux coupures intempestives d’électricité en dépit des énormes moyens techniques et financiers consentis par l’Etat et la société elle-même.

Passons au peigne fin la gestion de la NIGELEC au temps de Foukouri, ou disons voilà ce que nous savons : 1,5 millions de dollars US, c’est la somme que la NIGELEC paye chaque mois à son principal fournisseur (La NEPA du Nigeria) à raison de 20 FCFA le Kilowatt. La NIGELEC, à son tour, concède le Kilowatt à ses clients à 80 FCFA, soit un bénéfice brut de 60 FCFA par Kilowatt. Pour le néophyte doté d’un bon sens, il y a là de quoi pour la NIGELEC de faire des bonnes affaires, si bien sûr, elle trouve à sa tête un bon gestionnaire. Le Programme Spécial du Président de la République va venir chambouler la gestion de la Nigérienne d’Electricité. Pour aider le Président Tandja dans son populisme, la NIGELEC aurait investi près de 60 milliards de FCFA. Pour couvrir la dépense liée au Programme Spécial, elle a dû recourir à des prêts (15 milliards de FCFA auprès de la BOAD, 6 milliards auprès de la BOA, 4 milliards auprès de l’ECOBANK et un crédit spot de 2 milliards contractés auprès de la Banque Atlantique), le restant déboursé sur fonds propres. Pour faire face à la demande de plus en plus croissante en électricité, elle aurait également contracté un autre crédit dit crédit indien de près de 2 millions de dollars US pour acheter des turbines (groupes de grande capacité de production d’énergie électrique). Selon certaines sources, il s’agirait des turbines d’occasion.

A tous ces trous créés par Foukori Ibrahim, il faut ajouter les 4 Milliards du redressement fiscal (grief que le Syndicat National des Agents des Impôts avait révélé, en son temps, à l’encontre de la NIGELEC) et les centaines de millions d’impayés à la Caisse de Prêts aux Collectivités Territoriales de 2005 à aujourd’hui (à raison de 2 FCFA sur chaque Kilowatt consommé). Certes la NIGELEC doit aussi des centaines de millions à l’Etat Nigérien, aux collectivités. Elle n’a non plus touché un franc de 20 milliards de FCFA de subventions de l’Etat annoncés par le Conseil des Ministres au fort moment de la grogne de citoyens face aux multiples délestages et coupures d’électricité. A moins que ces 20 milliards n’aient pris une autre destination, à savoir les poches du roi et du fou du roi. Mais l’écart est trop grand entre ce qu’elle doit et ce qu’on lui doit pour pouvoir combler l’abcès. Et les intérêts de Foukori dans tout ça. Officiellement, et en accord avec le Conseil d’Administration, l’Administrateur de la NIGELEC a droit à un salaire mensuel, 10 millions de FCFA de gratifications l’an, 400 000 FCFA de carburant par mois, 4% de 60 milliards de FCFA investis dans le Programme Spécial (prenez la calculette et vous verrez que c’est effarant), et 200 000 de F de mission par jour. Et les missions, Dieu seul sait combien Foukori Ibrahim en a effectué pendant son « règne » à la NIGELEC. Il s’est vachement enrichi le sieur Foukori comme il a enrichi son beau fils, un certain Abdoul Aziz Mayaki par qui passerait des gros marchés de la NIGELEC. Tel beau père, tel beau fils, dira-t-on désormais.                                                         Norbert

Paru dans le courrier N°95

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