Refondation et affairisme Salou Djibo, voisin de Gamatié ou d’AREVA ?


Depuis le coup d’Etat du 18 février 2010 qui a mis fin à la 6ème République fortement contestée de Mamadou Tandja, les spéculations vont bon train sur le degré d’implication des barons du régime précédent dans l’avènement de ce qui a été appelé pompeusement la « Refondation de la République ».

Mais mieux, on spécule sur une forte prédation des finances publiques, d’intérêts égoïstes et personnels érigés en mode de gestion des affaires de l’Etat durant la courte et malheureuse vie de la 6ème République. Quand bien même, certains comme le Premier Ministre sortant Ali Badjo Gamatié se défendraient avec bec et ongles d’avoir pris le train de la « Refondation » au dernier virage du « Tazartché », ils ne peuvent être disculpés de manquements graves qui pèsent sur le régime illégal, illégitime et impopulaire de Mamadou Tandja. Un adage bien connu chez nous dit : un voleur de 100 F est un malfrat au même titre qu’un voleur de 100 millions F.

Revenons au cas de Gamatié pour constater que sa conversion au «Tazartché » ne date pas de son accession à la primature. Avant sa nomination comme 1er Premier Ministre de la République refondée, Ali Badjo Gamatié était conseiller spécial du Président Mamadou Tandja pour les questions minières (Voir en fac similé le décret N°2007-384/PRN du 12 septembre 2007 qui fait de lui conseiller spécial du Président de la République chargé des négociations relatives aux ressources minières et pétrolières.

C’était d’ailleurs la belle époque des affaires, celle des permis miniers vendus à grande échelle avec à la clé des pots de vin alléchants. A cette époque donc, le sieur Gamatié avait acheté une grande maison bâtie sur le titre foncier N°6839 non loin de l’actuelle résidence du Président du CSRD Salou Djibo, près de l’immeuble abritant le Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération. La transaction avait été effectuée avec son passeport diplomatique N°0009/2002 délivrée le 7/01/2002.

Le prix de cette nouvelle acquisition de Gamatié tourne autour de 200 millions de FCFA. Son joyau, l’ancien Premier Ministre de la Refondation, le loue à l’un des responsables d’Imouraren S.A. pour la rondelette somme de 1 million de FCFA/mois. Question : Est-ce un hasard de retrouver Gamatié locateur d’AREVA ?

Une autre personnalité au bon flair des affaires, le Président du Conseil d’Administration (PCA) de la Compagnie Minière d’Akouta (COMINAK), ayant été dans toutes les sauces de l’indépendance à nos jours. Selon des sources bien informées, il serait actuellement en train de démarcher la vente de l’ancien local de Niger Gaz (une propriété de sa belle famille avance-t-on) pour le compte du groupe nucléaire français AREVA, une transaction qui pourrait coûter la bagatelle somme de 1 milliards de FCFA. Notons au passage que le leader du nucléaire français disposerait d’un terrain octroyé par l’Etat du Niger situé entre la Direction Générale des Douanes et la SONITEL. Y a-t-il eu des pots de vin autour de cette acquisition ?

Enfin, on se souvient de la révélation de l’un de nos confrères qui faisait état de gros paquets de sous distribués à certains agents du Ministère des Mines relativement à la signature du contrat signé entre AREVA et l’Etat du Niger pour l’exploitation du gisement uranifère d’Imouraren.

Comme on peut le constater, le boom minier, le rehaussement du prix de l’uranium, la diversification des partenaires du Niger, le contrat juteux entre AREVA et le Niger relatif au gisement d’Imouraren, l’exploitation du bloc pétrolier d’Agadem par les chinois, l’octroi des dizaines de permis miniers… chantés par les partisans de la « Refondation de la République » pour justifier le « Tazartché » ont plus profité à Tandja, à sa famille, à ses proches et autres barons de son régime qu’à l’Etat du Niger lui-même.

Et ce n’est ni Gamatié ni Hadia Toulaye Tandja qui diront le contraire. Au regard de ce qui précède, on comprend très bien l’attitude des Nigériens ou disons leur soif de voir les dignitaires, tous les dignitaires du régime de Tandja rendre compte de leurs forfaitures devant la justice nigérienne. En attendant bien sûr la justice de Dieu.                                                   Norbert

Paru dans Le Courrier N°95

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