Vague d’arrestations dans le rang des partisans de l’ex régime Atteinte à la Surêté de l’Etat


Depuis le dimanche 28 mars 2010, la police nationale procède à des arrestations dans le rang des partisans de l’ex régime de Mamadou Tandja. A l’heure actuelle, ils sont au nombre de quatorze (14), les personnes interpellées et détenus dans les locaux de l’Ecole Nationale de Police. Le dernier à être cueilli l’aurait été le lundi 29 mars 2010 dans les environs de 19 heures. Il s’agit de Nouhou Mahamadou Arzika, président du Mouvement Patriotique pour la Défense du Peuple et la Nation (MPDPN), une organisation très versée dans la propagande « tazartchiste ». Quelque temps avant son arrestation, intervenait, celle d’un gros poisson, Seini Oumarou, ex Premier Ministre, ex Président de l’Assemblée Nationale et président du Mouvement National pour la Société de Développement. Selon le Ministre de l’Intérieur, Cissé Ousmane, interrogé par la presse locale, les personnes interpellées sont soupçonnées d’activités subversives. Et toujours lui d’affirmer que les interpellations se poursuivront. Toutefois, il a précisé qu’une fois les investigations bouclées, celles sur qui, il manquera de preuves seront purement et simplement relâchés.

Dans les salons de la capitale, on va au-delà des explications du Ministre de l’Intérieur. Certains parlent d’atteinte à la sûreté de l’Etat tandis que d’autres spéculent sur une tentative de déstabilisation du régime en place. Finalement c’est l’atteinte à la sureté de l’Etat qui est retenue comme chef d’accusation.

Les rumeurs font également d’interpellations au sein de la grande muette même si de sources officielles, il n’en est rien. L’un dans l’autre, c’est la deuxième vague d’interpellations dans le milieu des partisans de Mamadou Tandja depuis le coup d’Etat du 18 février 2010. La première fois, c’était dans la suite du renversement du régime de la 6ème République avec l’arrestation de Mamadou Tandja et des membres de son gouvernement surpris en conseil des ministres par les putschistes. Par finir, ces ministres ont bénéficié de mesures d’assouplissement, au cas par cas, la majorité ayant été relaxée et le restant placé en résidence surveillée après plusieurs jours passés dans un camp militaire de la capitale. Avant cette vague d’interpellations déclenchée à partir du dimanche 28 mars 2010, seuls Tandja et l’ancien Ministre d’Etat Albadé Abouba demeuraient en détention, le premier dans une villa de l’intendance de la présidence de la République et le second à la prison de Haute Sécurité de Koutoukalé.

Comment l’opinion apprécie les arrestations opérées dans le rang des partisans de Mamadou Tandja ? Les réactions sont tout naturellement diverses et variées. Au sein de la classe politique aussi bien l’ancienne opposition que l’ancienne majorité on reste motus bouche cousue, de même que dans la grande famille désunie de la société civile. Chez les « hommes de la rue », on est surpris plus par le motif de cette vague d’interpellation que par l’acte des autorités elle-même. Pour des nombreux citoyens, le CSRD a fait preuve de laxisme tant on peut trouver d’autres griefs à coller aux dignitaires de l’ancien régime notamment des crimes économiques et les violations des textes fondamentaux dont ils ont été complices sous le règne de Mamadou Tandja, toutes choses qui sont quotidiennement dénoncées par les médias privées de la place. Au-delà des raisons évoquées par le Ministre de l’Intérieur pour procéder à cette vague d’interpellations, il faut aller vite à la moralisation, pensent la grande majorité des Nigériens. Le Ministre lui-même l’a reconnu face aux médias, que les personnalités détenues traîneraient des casseroles, allusion faite à leur participation dans la gestion du régime de Tandja.

Comme on le voit le CSRD, critiqué par la presse pour son laxisme, est passé à la vitesse supérieure à la satisfaction d’une grande partie de l’opinion, pour laquelle il est temps, grand temps de mettre fin à la culture de l’impunité au Niger. « Moi je crois qu’au-delà des actes subversifs qu’ils pourraient être amenés à poser, l’occasion est belle pour en même temps commencer à traquer les auteurs des crimes économiques et politiques », dixit un vendeur de thé des alentours du Petit Marché de Niamey.

Ali Soumana

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